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Dossier de Presse

TU CROIS QUE LA TERRE EST CHOSE MORTE
photographies : Florence LAZAR

JEU DE PAUME
del 12.2.2019 al 2.6.2019


Au cours des années 1990, Florence Lazar (née en 1966 à Paris) travaille principalement le genre du portrait photographique avant d'intégrer, à la fin de la décennie, la vidéo à sa pratique. Le choix de ce nouveau médium s'inscrit dans son désir de répondre en tant qu'artiste à la crise qui déchire alors la Yougoslavie. Du fait des liens familiaux et sociaux qui la rattachent au territoire yougoslave, elle a suivi de près le conflit depuis son déclenchement dix ans plus tôt.

L’œuvre la plus ancienne de l’exposition, Les Paysans (2000), fait partie d'un cycle de vidéos et films documentaires portant sur la responsabilité individuelle et collective face au conflit yougoslave. Le documentaire occupe une place de premier plan dans la démarche de Florence Lazar depuis cette époque. Ce cycle culmine en 2014 avec son troisième long-métrage, Kamen (Les Pierres), également présenté ici. Le film met au jour des tentatives – sur les plans religieux et culturels – de réécrire le passé dans le but de renforcer le déni de responsabilité plutôt que de le combattre.

En 2008, elle renoue avec son travail antérieur sur le portrait en réinvestissant de façon novatrice la photographie documentaire. La série d’images qui en résulte montre des supports imprimés liés à l’itinéraire politique de son père. Le fils de l’artiste y joue à la fois le rôle de modèle et de lien entre les générations, comme dans la vidéo Confessions d'un jeune militant, où il assiste son grand-père dans la présentation des ouvrages qui ont marqué sa formation intellectuelle.

En passant d'une des principales sources de la formation de soi à une autre – de la famille à l'école – Florence Lazar produit un ambitieux ensemble de trente-cinq photographies inauguré en 2016 dans le cadre de la commande du 1% artistique pour le collège Aimé-Césaire, dans le 18ème arrondissement de Paris. Hommage à la célèbre figure éponyme de l'établissement, l'œuvre réalisée en étroite collaboration avec les élèves fait valoir qu’une approche objective du passé colonial français, loin de perpétuer les clivages sociaux et raciaux ou une culpabilité nationale, peut conduire à une reconnaissance commune de l'histoire.

Coproduite par le Jeu de Paume et montrée ici pour la première fois, 125 hectares (2019), l'œuvre la plus récente de l'artiste, revient au thème pastoral introduit par Les Paysans. Elle s'inscrit dans une enquête entamée en Martinique, terre natale de Césaire, sur les conséquences écologiques et sanitaires à long terme de la chlordécone, insecticide cancérigène utilisé pendant plus de vingt ans dans les bananeraies de l'île. Tiré de la pièce Une tempête de Césaire – adaptation postcoloniale de La Tempête de Shakespeare – le titre de l'exposition évoque non seulement les ravages écologiques du colonialisme, mais également les potentialités émancipatrices de l'histoire.

Sandra Cattini et Dean Inkster

 

 
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Publication du mois
JEU DE PAUME
1 Place de la Concorde, 75008 PARIS - France
01 47 03 12 50
accueil@jeudepaume.org
www.jeudepaume.org
Du mercredi au dimanche de 11h à 19h, le mardi de 11h à 22h

Throughout the 1990's, Florence Lazar (born 1966, Paris) worked primarily within the genre of photographic portraiture; by the end of the decade, however, she had begun to incorporate video into her practice. Her choice of a new medium coincided with her desire to respond, as an artist, to the on-going crisis in Yugoslavia. Family and social ties to the former Yugoslavia had seen her follow the crisis intensely since it had broken out a decade earlier.

The earliest work presented in the exhibition, Les Paysans (2000), is part of a cycle of documentary video and film works that chronicle attempts to establish individual and collective responsibility for the ensuing armed conflict. Since then documentary has remained at the forefront of her practice. In 2014, the cycle culminated in her third full-length film, Kamen (Les Pierres), also shown here, which reveals recent attempts–both religious and cultural–to rewrite the past in order to reinforce rather than combat the denial of collective responsibility.

In 2008, she returned to her previous work in portraiture, which she combined with an innovative renewal of documentary photography. The resulting series documents printed ephemera from her father's political trajectory. Her young son serves in the series as both model and generational conduit; he likewise appears in the video Confessions d'un jeune militant, in which he assists his grandfather as he comments on the books that helped shape his intellectual formation.

By shifting from one primary source of subject formation to another–from family to school, Florence Lazar produced a major series of 35 photographs inaugurated as a public work in 2016 for the Collège Aimé Césaire, a junior high school in Paris's eighteenth arrondissement. A tribute to the school's celebrated namesake in collaboration with the school's pupils, the series shows that an objective engagement with France's colonial past, far from perpetuating social and racial divisions or a sense of national guilt, can lead to a shared acknowledgement of history.

Co-produced by the Jeu de Paume and shown here for the first time, Florence Lazar's most recent work, 125 hectares (2019), returns to the pastoral theme of Les Paysans. The video stems from a larger investigation begun in Martinique, Césaire's birthplace, into the long-term ecological and health effects of chlordecone (Kepone), a carcinogenic insecticide used for more than 20 years on the island's banana plantations. Taken from Césaire's play Une tempête–a postcolonial adaptation of Shakespeare's The Tempest–the title of the exhibition evokes not only the ecological ravages of colonialism, but equally the emancipatory potential of history.
                                                                                                    Sandra Cattini and Dean Inkster