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Dossier de Presse
THE EYES OF THE CITY
Photographs by : Richard SANDLER
Society
Editions Power House Books
2016


C’est une œuvre d’art éblouissante, pleine de vérité et d’une beauté à vous couper le souffle — une méditation profondément politique sur la justice et l’injustice, sur les races et le racisme, sur l’humanité et l’inhumanité. A mon avis, c’est un livre extraordinaire. Il s’agit des photographies d’un artiste américain, Richard Sandler, qui, d’après moi, est l’un des meilleurs photographes de rue à avoir pris les maisons pour sujets. The Eyes of the City réunit des instantanés pris à Boston et à New York, et couvre l’époque qui va de la fin des années 1970 jusqu’aux jours précédant le 11 septembre, quand les avions ont percuté les tours. Ces photos ne sont pas seulement des documents puissants, profonds et singuliers d’une époque, d’un lieu et d’un peuple. Elles abordent aussi des vérités intemporelles, souvent douloureuses, tout aussi pertinentes aujourd’hui qu’autrefois.
J’ai entendu parler de Richard Sandler il y a vingt-cinq ans. Je faisais alors des émissions documentaires pour la radio et je venais d’entamer une collaboration avec le photographe Harvey Wang. Un soir, Harvey m’a parlé d’un type qu’il a décrit comme le plus pur artiste qu’il ait jamais rencontré. Il mangeait, respirait et dormait en pensant à la photographie de rue, et sa dévotion à son métier avait un caractère singulier, monastique, parfois même punitif. Un jour, peu de temps après, j’ai rencontré Richard Sandler qui errait dans les rues de l’East Village, l’appareil contre son œil. Richard correspondait tout à fait à la description de Harvey.
Quelques jours plus tard, j’ai visité son appartement et sa chambre noire tout en longueur sur East 10th Street et j’ai eu mon premier aperçu de son travail, dont un bon nombre de photographies que vous trouverez dans ce livre. Sur la table de la cuisine étaient posées quelques-unes des photographies les plus complexes et les plus émouvantes que j’ai jamais vues. Des images qui vous prennent aux tripes et qui vous rappellent ce qui est vrai et ce qui compte vraiment. Certaines photos de Richard en disent plus sur l’humanité en quelques centimètres carrés que je ne pouvais espérer en capter avec des dizaines ou des centaines d’heures d’enregistrements. Sans parler des visages : quels visages ! J’étais complètement scié.
Quelques années plus tard, au milieu des années 1990, j’ai eu la chance de travailler avec Richard sur un projet intitulé Les Dieux de Times Square. Il s’était mis à tourner dans la rue en vidéo et passait d’innombrables heures à enregistrer les zélotes religieux qui prêchent aux environs de Times Square. Il m’a montré un bout de film.
Il n’était pas encore prêt à en faire un documentaire vidéo, mais j’ai suggéré que cela pourrait faire une bonne émission de radio. J’étais en train de passer de l’audio analogique (bande éditée avec des lames de rasoir sur des magnétophones à bobines) au numérique, et j’ai collaboré de près avec Richard pour faire entrer les meilleurs sons et histoires qu’il avait collectés sur un couple de lecteurs d’un gigabyte (pour un coût de 1.000 dollars à l’époque). Nous avons créé un documentaire diffusé plus tard sur N.P.R1 dans l’émission All Things Considered.
Ma collaboration avec Richard Sandler a été un moment fort de ma carrière. Il m’a beaucoup appris, et surtout d’avoir le courage de mes convictions. Ces voix, enregistrées dans un Times Square alors plus vieux et plus bizarre, m’accompagnent encore aujourd’hui.
Dans les années qui ont suivi, j’ai eu la chance d’acquérir une petite collection de photographies de Richard, qui vivent maintenant sur nos murs. Elles ont toujours le même impact. Elles possèdent encore des couches de sens et de mystère que je n’ai pas déchiffrées. Beaucoup sont si profondes et parfaitement composées qu’elles semblent avoir été mises en scène — était-ce possible que les choses se soient déroulées ainsi ? Mais oui, et heureusement pour nous, Richard était là pour capter ces moments.
Je regarde, par exemple, une photo suspendue dans la salle de jeux de nos enfants [la même image apparaît à la page 116 de ce livre]. A première vue, une mère afro-américaine essaie d’empêcher qu’on ne prenne en photo ses enfants endormis. Mais regardez encore. S’agit-il vraiment de ses enfants ? Pourquoi se penchent-ils vers la femme blanche à leur droite ? Qui est la mère ? Quelle est leur histoire ? Maintenant, tentez cette expérience avec les autres photos du livre. Ouvrez-le à n’importe quelle image. Regardez, comprenez, égarez-vous, mettez-vous en colère, riez de l’ironie, soyez ému.
L’œuvre de Richard Sandler, et l’homme lui-même, ont quelque chose de profond et de mystique. Ce trait évoque le jeune garçon dont la photo orne la dernière page de ce livre. Il semble s’élever comme un phénix au-dessus de la fontaine, sans être touché par l’eau qui l’entoure. On a dit que les artistes les plus sincères vivent dans les marges et souffrent pour leur art. Richard Sandler est l’artiste le plus vrai que j’ai jamais eu la chance de connaître. Ce livre est un don pour l’humanité.
Dave Isay 

 

 
This is a mind-blowing and breathtaking work of art and truth and beauty—a fiercely political meditation on justice and injustice, on race and racism, on humanity and inhumanity: to my mind, a sacred book. These are the photographs of an American artist named Richard Sandler, who happens to be one of the best street photographers to ever put humankind in his sight. The Eyes of the City is a collection of snapshots taken in Boston and New York, spanning the late 1970s through the last days before the planes struck on 9/11. These photographs not only stand as powerful, profound, and singular documents of a time, place, and people, but they also speak to timeless—often painful—truths that are as relevant today as they were when Richard captured them.
I first heard Richard Sandler's name 25 years ago. I was working as a radio documentary maker and had just started collaborating with the photographer Harvey Wang. One evening, Harvey told me about a guy who he described as the purest artist he'd ever met, who ate, breathed, and slept street photography—whose devotion to his craft was singular, monastic, at times even punishing. One day soon thereafter I met Richard as he wandered the streets of the East Village, a camera pressed to his eye. Richard Sandler was everything Harvey described and more.
I visited his railroad apartment/darkroom on East 10th Street a few days later and had my first glimpse of his work—including a good number of the photographs you'llfind in this collection. Laid out on Richard’s kitchen table were some of the most complex and stirring photographs I had ever seen. Images that shake you hard by the shoulders and remind you what's real and what's really important. Any number of Richard's pictures said more about humanity in a single frame than I could hope to capture through tens or hundreds of hours of audio recordings. Not to mention the faces—those faces! I was knocked to my knees.
A few years later, in the mid 90s, I had the good fortune of working with Richard on a project called “The Gods of Times Square.” He had just started to shoot on the street with video, and spent countless hours recording the religious zealots who proselytized in and around Times Square. He showed me some of the footage.
Even though he wasn't yet ready to turn it into a video documentary, I suggested that it might make for a good radio feature. I was moving from analog audio (tape edited with razor blades on reel-to-reel machines) to digital, and worked closely with Richard to squeeze the best sounds and stories he'd collected onto a couple of one-gigabyte drives, (each of which cost $1,000 at the time), to create a documentary that later aired on “All Things Considered” on National Public Radio.
Collaborating with Richard Sandler was a highlight of my career. I learned so much from him— especially about having the courage of your convictions. Those voices, from an older, funkier Times Square, are still with me today.
In the intervening years I’ve been lucky enough to acquire a small collection of Richard’s photographs, which now live on the walls of our family’s house. They never fail to deliver. There are still layers of meaning and mystery that I have yet to peel back. Many are so profound and perfectly composed that they seem like they must have been staged—could this moment have actually unfolded in this way? But it did, and fortunately for us, Richard was there to capture it.
I am looking, for instance, at a photograph hanging in our children’s playroom [the same picture appears on page 116 in this book]. On first glance, an African American mother blocks the camera’s view of her sleeping children. Look again. Are they her children? Why are they leaning into the white woman to their right? Who is the mother? What is their story? Now try this with the other photographs in this collection. Open up this book to any image. Look and learn, get lost, get angry, chuckle at the irony, be moved.
There is something profound and mystical about Richard Sandler’s work, and about the man himself. Not so different from the young boy whose photograph graces the last page of this book, seeming to rise like a phoenix from the fountain, untouched by the water that surrounds him. It’s been said that the best and truest artists live in the margins and suffer for their art. Richard Sandler is the truest artist I’ve ever been blessed to know. This book is a gift to humanity.