Sophot.com
Tout sur Sophot Photographes Projets Actualités Enseignement galeries
  Actualités
Dossier de Presse
SINJAR
Photographs by : Michel SLOMKA
Exterminations
Charlotte Sometimes
2017


Depuis 2011, Michel Slomka documente les conséquences psychologiques et traumatiques de la violence sur les individus victimes de crimes de guerre. Sinjar montre ainsi les ravages causés par la guerre en Syrie et en Irak et par le nettoyage ethnique opéré par le groupe État Islamique dans les régions conquises au printemps et à l’été 2014. Symbole de cette épuration, les Yézidis (minorité confessionnelle adeptes d’un monothéisme issu d'anciennes croyances kurdes) ont été les cibles d’un projet génocidaire qui remet en cause leur présence millénaire entre le Tigre et l’Euphrate. Trois ans après les événements, des milliers de Yézidis sont morts, portés disparus ou toujours captifs de l’État Islamique dans les derniers territoires qu’ils contrôlent en Irak et en Syrie. Les victimes de ce projet d’annihilation sont les hommes et les vieillards qui remplissent les charniers laissés par Daech, les femmes et les enfants ont été utilisés en masse comme esclaves sexuels et enfants-soldats.


Michel Slomka montre ici la désolation qui règne sur cette terre meurtrie. Pas de combats, pas de coups de canon, une seule photo d’hommes en armes. Le reste, ce sont des regards, des rencontres, des gens en pleurs ou prostrés, en état de sidération, des paysages dénudés, inquiétants. Il s’intéresse plus particulièrement au lien qui unit l’individu au lieu qu’il habite – ou qu’il hante. Il s’intéresse aux séquelles psychologiques des personnes qui ont survécu au massacre et qui ont réussi à sortir du califat autoproclamé. Il interroge les capacités de la communauté à faire face à l’extrême violence qui a fait voler en éclat leurs repères, à se reconstruire alors qu’il ne leur reste plus aujourd’hui, dans les camps de réfugiés, que la souffrance vive laissée par ceux qui sont absents. Quel chemin emprunter pour guérir du traumatisme, refermer la fracture et apaiser la voix de ses fantômes ?

 

 

Since 2011, Michel Slomka works on the psychological and traumatic consequences of violence on war crime casualties. Sinjar thus highlights the damage caused by the Syrian and Iraqi War, and the ethnic purge perpetrated by Isis in areas conquered in the spring and summer of 2014. The Yezidis - symbols of this purge, and faith based minority harboring monotheist beliefs originally from Kurdish beliefs - were the target of a genocide project questioning their military presence between the Tigris and the Euphrates rivers. Three years after the events, thousands of Yezidis died, vanished, or are still prisoners of ISIS in the last areas under their control in Iraq and Syria. The casualties of this annihilation scheme are men and old people who are filling up the mass graves caused by ISIS, while women and children were massively used as sex slaves and child soldiers.

Michel Slomka exposed the desolation ruling on this scarred land. There is no fight, no cannon fire, but one photograph depicting men holding weapons. The remaining photographs depict looks, encounters, individuals weeping or prostrating, in a state of shock, or bare and alarming landscapes. He focuses more particularly on the link uniting the individual to the place they inhabit, or haunt. He focuses on the psychological aftereffects that people suffer from after surviving the massacre, and managing to escape the self-appointed caliphate. He ponders on the community's ability to face the extreme violence which shattered their daily life, their ability to reconstruct themselves, knowing that they only have the vivid pain caused by the absence of the casualties of this tragedy. Which path should they take in order to heal from the trauma, and tame the voice and presence of these phantoms?