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CHARDON ROUGE
Fotografías de: DAVIDE MONTELEONE
Fotoperiodismo
Actes Sud
2012


Photoreporter depuis 1998, l’Italien Davide Monteleone est le lauréat 2011 du Prix du meilleur livre européen de photographie (European Publisher’s Award for Photography) décerné par cinq éditeurs européens.
Né en 1974, il suit des études d’ingénieur, avant de s’installer aux États-Unis puis en Angleterre, pays dans lesquels il s’initie à la photographie et au journalisme. En 2001, il s’établit à Moscou où il devient correspondant de l’agence photographique Contrasto. Plusieurs fois récompensé par le prestigieux Word Press Photo, Davide Monteleone collabore régulièrement avec les grands magazines internationaux d’information tout en développant des travaux personnels de recherche et d’investigation.

Popularisé par Tolstoï dans son roman Hadji Mourat, le chardon rouge est, pour les pays du Caucase, la fleur qui symbolise métaphoriquement la résistance et la ténacité. Depuis la première guerre de pacification du Caucase menée par le tsar Nicolas Ier au xIxe siècle, jusqu’aux récentes guerres tchétchènes conduites par l’armée russe, les pays et populations qui constituent cette vaste et riche région du monde n’ont cessé de connaître invasions, conflits et déchirements. Les “républiques”– anciennement rattachées à l’Union soviétique – qui s’étendent de la mer Caspienne à la mer Noire restent encore aujourd’hui marquées par une grande diversité ethnique, linguistique et religieuse. C’est parce qu’il s’est passionné pour l’histoire des peuples de ces pays montagneux, irrigués de multiples cultures, que le photographe a entrepris de dresser un portrait forcément parcellaire de la réalité caucasienne contemporaine.
Parcourant pendant plusieurs années la Tchétchénie, le Daguestan, la Géorgie, l’Ossétie-du-Nord et l’Ossétie-du-Sud (après la guerre de l’été 2008), l’Abkhazie, et plus généralement le Nord Caucase, Davide Monteleone s’attache à témoigner de la vie particulière des populations qui composent ces ensembles nationaux fragiles et convoités. Son but n’est pas de rendre compte de la violence des conflits ou des excès des luttes de pouvoir, mais d’essayer de saisir la trame des jours que tissent, malgré de multiples difficultés, les hommes et les femmes qu’il rencontre. Sous son objectif, une réunion familiale, une scène de rue, un mariage, des portraits de femmes, d’enfants ou de soldats suffisent à exprimer la complexité des existences contraintes de s’inventer un avenir dans des frontières et des identités que l’histoire récente a le plus souvent définies par la force. De ses images fortement construites se dégage subrepticement le sentiment paradoxal d’une forme de proximité et d’intimité avec les personnes photographiées, que dénient parfois les aspects spectaculaires du photoreportage.