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RCA-République Centrafricaine
Fotografías de: William DANIELS
Sociedad
CLEMENTINE DE LA FERONNIERE
2017


“C’est l’histoire d’un pays au nom étrange, que personne n’a jamais été capable de placer sur une carte, et qui a toujours Vécu au bord du gouffre.

Cette fois, cela a commencé un dimanche, le 24 mars 2013. La Séléka, coalition rebelle majoritairement musulmane venue du nord du pays, prend le pouvoir par un coup d’État. Des crimes sont commis. En face, les milices chrétiennes anti-balaka répondent aux exactions par des atrocités. Des dizaines de milliers de musulmans fuient la capitale, Bangui, et l’ouest du pays. La Centrafrique sombre dans la guerre civile. Je m’y suis rendu dix fois entre 2013 et 2016. J’ai photographié une guerre d’aujourd’hui qui reflète en miroir d’autres déchaînements de violence, d’autres crises humanitaires.

Le pays n’a pas soixante ans mais il a déjà connu cinq coups d’État. Parmi les présidents renversés, Jean-Bedel Bokassa, tyran mégalomane, empereur autoproclamé, qui en 1977 gaspilla au cours de son sacre, avec couronne et fourrure d’hermine, un cinquième du budget de l’État.

Avant son indépendance déjà, la Centrafrique, alors appelée Oubangui-Chari, était la « colonie poubelle » de la France. Celle où l’on envoyait les plus mauvais administrateurs. Celle où certaines entreprises avaient recours au travail forcé pour exploiter les ressources.

Car le pays est riche : son sol fertile, ses minerais et ses forêts devraient permettre à la population l’accès à un niveau de vie décent. Il n’en est rien. Les mauvaises gouvernances d’une administration fantôme, la corruption, les crises à répétition, le pillage ont installé ce trou noir des cartes à la deuxième place des États les plus pauvres du monde.

Des milices armées maintiennent un climat d’insécurité permanente. L’impunité est totale et la jeunesse centrafricaine, désoeuvrée, constitue un réservoir inépuisable de chair à canon.

C’est l’histoire d’un pays en sursis.”


 

 

"This is the history of a country with a strange name that nobody can identify on a map, and which has always existed on the edge of the abyss.

This time it began on a Sunday – 24 March 2013. The Séléka, a predominantly Muslim rebel coalition from the north of the country, took power during a coup d’état. Crimes were committed. In response, Christian anti-balaka militiamen also committed atrocities. Tens of thousands of Muslims fled the capital, Bangui, and the west of the country. The Central African Republic was swallowed up by civil war.Between 2013 and 2016 I travelled there ten times.I photographed a contemporary war that is a mirror image of other outbursts of violence and humanitarian crises.

The country is not yet sixty years old but it has already experienced five coups. Among the presidents that have been overthrown is Jean-Bedel Bokassa, a megalomaniac tyrant, who, wearing a crown and an ermine-lined cloak, proclaimed himself Emperor in 1977 in a ceremony that burned 20% of the country’s annual budget.

Before it achieved independence, the Central African Republic, then called Ubangi-Shari, represented the scrapheap for France’s colonial administrators. It was a place where some companies used forced labour to exploit the country’s natural resources.

For the CAR is rich: with its fertile soil, minerals and forests, it should provide its population with a decent quality of life. But that is not the case. Poor management by a phantom administration, corruption, an endless series of crises, and pillage have condemned this black hole on the map to be the world’s poorest nation but one.

Armed militia sustain a permanent atmosphere of insecurity, justice is totally absent, and the country’s youth – without employment – provide an inexhaustible reserve of cannon fodder.

This is the story of a country living on borrowed time."