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Dossier de Presse
I KNOW WHY THE REBEL SINGS
photographies : Newsha TAVAKOLIAN
LA FILATURE
9.1.2019 au 17.2.2019


Newsha Tavakolian est née à Téhéran en 1981. Elle découvre le médium photographique à 16 ans et s’engage alors dans une carrière de photographe-reporter. En 1999, elle couvre le soulèvement étudiant en Iran, en 2002 la guerre en Irak ainsi que plusieurs conflits régionaux. Elle a su s’imposer en tant que photojournaliste et collabore aux grands magazines comme Newsweek, The New York Times, Stern, Der Spiegel ou Le Monde. Son attachement à son pays est fort et complexe. En 2009, elle couvre l’élection présidentielle iranienne qui se termine dans le chaos et qui l’emmène à mettre de côté temporairement son activité photo journalistique. Sa photographie glisse alors vers une forme plus suggérée et éminemment poétique.

La plupart des séries photographiques ici présentées mettent le regardant face à de saisissants portraits qui hésitent entre la figure allégorique et une présence dense au bord de s’animer. Les êtres capturés par Newsha Tavakolian se situent dans un fragile entre-deux. Dans ses installations, elle travaille une transition sensible en mêlant images fixes et images animées. 

LISTEN
Listen propose un regard sur les femmes chanteuses qui en Iran n’ont pas le droit de se produire seules sur scène ou de sortir des albums en raison de la règlementation islamique en vigueur depuis la révolution de 1979. Les photos sont des portraits de chanteuses professionnelles simulant une prestation en concert devant un large public alors qu’en réalité, les prises de vue sont réalisées dans un petit studio à Téhéran. En regard des portraits, Newsha Tavakolian a imaginé et produit une pochette de CD pour chacune des chanteuses, donnant une interprétation personnelle de leur expérience de vie et de la société dans laquelle elles évoluent. Mais les pochettes de CD resteront vides.

LOOK
Dans ce travail, Tavakolian centre son attention sur une relation intime avec l’individu. Les scènes délibérément théâtrales et composées évoquent l’atmosphère de tableaux de Hopper. Tavakolian transforme sa propre chambre en studio et y met en scène des individus avec leurs effets personnels. Ils font face à l’objectif, statiques. En arrière-plan, une fenêtre donne vue sur le quartier environnant et ses grands ensembles. Les portraits photographiques sont assemblés en une séquence qui souligne la nature impersonnelle et la répétitivité monotone des scènes. Dans le prolongement de cette série se trouve une reproduction très grand format du paysage urbain vu à travers la fenêtre. En tant que spectateurs, nous nous trouvons dans le même espace que les sujets photographiés. Eux-mêmes sont encore présents dans des séquences filmées, diffusées dans des écrans apposés sur la très grande image de fenêtre donnant sur de grands ensembles. L’installation joue sur les mécanismes du regard et de la subjectivité. Il y a une interaction entre le spectateur et celui qui est vu, chacun se trouvant être tour à tour voyeur et observé. Dans les films comme dans les photographies, les sujets semblent être condamnés à la paralysie et l’immobilité. 

SOFT SHOULDERS, HARD BOOTS : THE WOMEN FIGHTERS OF FARC
Le 26 novembre 2016, les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) signent un accord de paix avec le gouvernement colombien, mettant fin à cinquante ans de conflit. Pour la première fois depuis sa formation, la guérilla marxiste peut sortir de l’illégalité. Dans le cadre de cet accord et dans les six mois qui le suivent, les rebelles s’engagent à mettre en œuvre leur démobilisation. Ce changement radical déstabilise beaucoup de membres des FARC qui sont habitués depuis longtemps à leur existence de guérilla et ne savent pas ce que leur apportera une vie de paix. En janvier 2017, Newsha Tavakolian a voyagé dans les parties les plus reculées de la jungle du département du Cauca, la région où les FARC ont longtemps opéré. Alors qu’elle photographiait les tout débuts de leur transition vers une vie civile, elle a pu s’entretenir avec un grand nombre de femmes rebelles. Elle a enregistré leurs témoignages sur les raisons de leur engagement dans les FARC et leurs sentiments sur leur nouvelle vie.

BLANK PAGES OF AN IRANIAN PHOTO ALBUM
Blank Pages of an Iranian Photo Album (2014-2015) est une série de travaux basés sur les albums de famille d’amis téhéranais de Newsha Tavakolian – dont six sont présentés ici. Ces albums contenaient de nombreux témoignages d’enfances heureuses, en particulier de moments idéalisés et festifs tels les anniversaires ou les fêtes de famille. Mais dans chacun des albums, la collecte de mémoire semblait avoir été interrompue, marquée par un épisode qui avait mis un terme aux albums eux-mêmes, laissant la plupart des pages vierges et intactes. Les pages blanches sont la métaphore de rêves non vécus. Les silences dans ces récits biographiques sont le point de départ du travail de Tavakolian. De là, elle suit chacun des protagonistes au jour le jour et documente les scènes de leur vie quotidienne. Dans chaque série, la première image est une reproduction d’une photographie trouvée dans l’album original. Les images suivantes reflètent les réalités ordinaires et quotidiennes de la vie à Téhéran. Les albums ainsi élargis subvertissent les rêves d’une enfance idyllique, déconnectés de la réalité du présent. Par ailleurs, les sujets sont amenés à la vie dans des séquences filmées au haut d’une colline à Téhéran, où ils restent immobiles, comme figés dans un moment suspendu dans le temps.

IRAN WALLS (2009–2015)
La série présente des photographies couvrant le spectre du travail de Newsha Tavakolian, allant de ce qui fait sa signature – les portraits mis en scène (issus de la série Portraits d’Iran publiée en ligne par le New York Times) – à des reportages sur des scènes de rue – de protestation ou de liesse – ou encore sur un exercice militaire qui en novembre 2015 commémorait l’anniversaire de la guerre souvent oubliée de l’Iran contre l’Irak (1980-1988), qui a coûté la vie à un million de personnes.

OCALAN’S ANGELS
Sous le commandement d’Ocalan, chef charismatique, un groupe de femmes soldats kurdes s’engage dans le combat contre l’État Islamique en Irak et dans la région historique de la Grande Syrie. Une écharpe colorée est tout ce qu’il reste de Cicek Derek, qui avait 17 ans quand elle est morte il y a quelques mois dans la ville assiégée de Kobani en Syrie. Ses compatriotes n’ont jamais pu retrouver son corps. Cicek était l’une des centaines de jeunes femmes soldats kurdes qui ont pris les armes contre Daesh. Ces femmes font partie de l’Unité de défense de la femme (YPJ), une émanation du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), un mouvement nationaliste kurde qui mène depuis longtemps une guerre d’indépendance contre la Turquie.

IRAQ
Trente images parmi les premiers travaux de Newsha Tavakolian envoyée en Irak dès 2002 pour couvrir le conflit Irak-Iran en tant que photographe-reporter.

 

 
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Publication du mois
LA FILATURE
20 allée Nathan Katz, 68200 MULHOUSE - France
03 89 36 28 28
info@lafilature.org
www.lafilature.org
Du mardi au samedi de 11h à 18h30, le dimanche de 14h à 18h

Newsha Tavakolian was born in Tehran in 1981. She discovers the photographic medium at age of 16 and then embarks on a career of a reporter-photographer. In 1999, she covers the student uprising in Iran and in 2002 the war in Iraq as well as numerous regional conflicts. She managed to establish herself as a photojournalist and collaborates with major magazines such as Newsweek, The New York Times, Stern, Der Spiegel and Le Monde. Her attachment to her country is strong and complex. In 2009, she covers the Iranian presidential election which ended in chaos and led her to temporarily set aside her journalistic photo activity. Her photography slides then towards a more inspiring and eminently poetic form.

Most of her photographic series which are part of this exhibition make the viewer face striking portraits halfway between allegoric figure and a dense presence at the edge of being animated. The beings captured by Newsha Tavakolian are situated in a fragile in-between. In her installations, she works out a sensitive transition by mixing still and animated images.

LISTEN
Listen offers a look at the female singers who don't have the right to sing on stage alone or to release albums because of the Islamic regulations in force since the 1979 revolution in Iran. The photographs are portraits of professional female singers simulating a concert performance in front of a large audience when in reality, the photographs were shooted in a small studio in Tehran. In connection with the portraits, Newsha Tavakolian also imagined and produced a CD cover for each of the singers, providing a personal interpretation of their life experience and the society where they live. But the CD covers will remain empty.

LOOK
In this work, Tavakolian's attention is focused on an intimate relationship with the individual. The deliberately theatrical and made-out scenes evoke the atmosphere of Hopper's paintings. Tavakolian transforms her own bedroom into a studio where she stages individuals and their belongings. Static, they are facing the goal. In the background, a window looks out on the surrounding neighborhood and its large ensembles. The photographic portraits are assembled in a sequence emphasizing the impersonal nature and the monotonous repetitiveness of the scenes. In the continuation of this series there is a reproduction of the urban landscape of a very large format, seen through the window. As viewers, we find ourselves in the same space as the photographed subjects do. They are still present in filmed sequences which are diffused on screens applied on the very large image of window looking out on large ensembles. The installation plays with the mechanisms of gaze and subjectivity. There is an interaction between the viewer and the one who is being viewed, each becoming voyeur and observed turn by turn. The subjects, be it the ones of the films or of the photographs, seem to be doomed to paralysis and immobility.

SOFT SHOULDERS, HARD BOOTS : THE WOMEN FIGHTERS OF FARC
On the 26th of November 2016, the FARC (Revolutionary armed forces of Colombia) signed a peace agreement with the Colombian government, ending fifty years of conflict. For the first time since their founding, the Marxist guerrillas can get out of the lawlessness. As part of this agreement and within six following months, the rebels are engaged to implement their demobilization. This radical change destabilizes many FARC members, accustomed to their guerrilla existence since a long time and who do not know what a peaceful life will bring them. In January 2017, Newsha Tavakolian travelled to the most remote parts of the jungle of the Cauca Department, the region where the FARC operated for a long time. While photographing the very beginning of their transition to civilian life, she was able to talk with a large number of rebel women. She recorded their stories about the reasons for their involvement in the FARC and their feelings about their new life.

BLANK PAGES OF AN IRANIAN PHOTO ALBUM
Blank Pages of an Iranian Photo Album (2014-2015) is a series of artworks based on family albums of Tehran friends of Newsha Tavakolian, six of them are presented. These albums contained numerous happy childhood stories, in particular the ones of idealized and festive moments like anniversaries or family parties. However, in each of these albums, the memory collection seemed to have been interrupted and marked by a moment which put an end for the albums, leaving most of its pages virgin and intact. The blank pages are the metaphor for the unfulfilled dreams. The silences in these biographical narratives are the starting point of Tavkolian's work. From there, she follows every personnage day by day and documents the scenes of their daily life. The first image of each series is a reproduction of a photograph found in the original album. The following images mirror the ordinary and everyday realities of life in Tehran. The albums extended in this way subvert the dreams of an idyllic childhood, disconnected from the reality of the present time. In addition, the subjects are brought to life in sequences filmed at the top of a hill in Tehran, where they remain motionless, as if they were frozen in a moment suspended in time.

IRAN WALLS (2009–2015)
The series presents photographs covering the spectrum of Tavakolian's work, starting from the signature ones - the staged portraits (issued from the series Portraits d’Iran, published online by the New York Times) - to reports about street scenes - the ones of manifestations or of jubilations - or else about a military exercise commemorating the anniversary of the often forgotten Iran-Iraq war (1980-1988) in November 2015 where a million of people lost their lives. 

OCALAN’S ANGELS
Under the command of Ocalan, a charismatic leader, a group of Kurdish women soldiers is engaged into the fight against the Islamic State in Iraq and in the historical region of Greater Syria. A colourful scarf is all that remains of Cicek Derek who was 17 when she died in the besieged city of Kobani in Syria a few months ago. Her compatriots were never able to find her body. Cicek was one of hundreds of Kurdish young women soldiers who took up arms against Daesh. These women are part of the Women's Defense Unit (YPJ), an offshoot of the Kurdistan Workers Party (PKK), a Kurdish nationalist movement leading a war of independence against Turkey since a long time.
 
IRAQ 
These are thirty images selected among the first works of Newsha Tavakolian who was sent to Iraq in 2002 to cover the Iraq-Iran conflict as a reporter-photographer.