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Dossier de Presse
EQUILIBRE INSTABLE
photographies : Kamel MOUSSA
CONTRETYPE
CENTRE POUR LA PHOTOGRAPHIE CONTEMPORAINE
14.11.2018 au 13.1.2019


Depuis 1789, à défaut d’accoucher des résultats conformes aux espérances de leurs protagonistes,
les révolutions ont au moins toujours été prolifiques en images. Au point que leurs représentations — gravures et tableaux d’histoire au XIXe siècle ainsi que photographies et films par la suite — ont fini par former avec les images des grands chambardements de l’Histoire un modèle iconographique repérable. Celui de la geste héroïque qui promet des lendemains qui chantent.

(...) La révolution tunisienne entre décembre 2010 et janvier 2011 n’a pas échappé à ce formatage visuel. En témoigne le résultat de la moindre recherche d’images sur Internet qui fait sans surprise apparaître à l’écran le rouge du drapeau national et le noir des cortèges gigantesques et compacts. Chose troublante, la même recherche pour la révolution égyptienne donne un résultat semblable et, à quelques à-plats de vert près, rien n’est bien différent lorsqu’on appelle des images de la guerre civile libyenne. C’est ainsi qu’à l’heure de la globalisation, les représentations diffusées par les médias en arrivent à réduire à quelques signes la connaissance de réalités complexes et singulières, mais en plus à forger des certitudes pour longtemps.
(...) Kamel Moussa est de cette génération de photographes qui ont compris qu’à l’heure du tsunami visuel, la difficulté n’est pas de produire des images, mais d’éviter celles toutes faites qui s’imposent à la prise de vue. Pour lui comme pour eux, l’authenticité tient moins à l’illusoire conformité au réel qu’à une prise de distance résolue avec les clichés de la globalisation. Se défiant autant du scalpel de l’objectivité que de l’esthétique nombriliste, entre description documentaire et vision artistique, il a donc choisi pour dire les difficultés de son pays la voie de cet équilibre instable qui seul vous garde en alerte. Avec lui, nous en venons à comprendre que regarder — véritablement regarder — c’est déjà résister.

 

 
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CONTRETYPE
CENTRE POUR LA PHOTOGRAPHIE CONTEMPORAINE
4 A Cité Fontainas, 1060 SAINT-GILLES-BRUXELLES - Belgique
00 32 (0)2 538 42 20
contretype@skynet.be
Du mercredi au vendredi, de 12 à 18 heures - Samedi et dimanche, de 13 à 18 heures


In a career spanning more than forty years, Eric van Dieren has patiently constructed his personal, unique body of work, choosing to distance himself a little from ephemeral spotlights and stages, not to wait for the return of so-called “slow photography”, and neither following, nor expecting anything from, fashions and trends.
Nevertheless, he has spent a lot of time over more than three decades at INSAS (the Institut national supérieur des arts du spectacle et des techniques de diffusion, a film and theatre school in Brussels), where he ensured the survival and development of its photography studio, following closely on the heels of Edmée Lagrange. And his work shows clear signs of having been influenced by cinematography, music and poetry, or, to put it more simply, by the world in general, but he always takes time to ensure it his done at his own pace, keeping the world at an appropriate distance.
His body of work is sober and sometimes dark. His collections sometimes resemble reportage of anecdotes or travels, but are never trapped in a single genre.
His images touches on the themes of questioning memory, of the permeation of art, emotional relationships, solitude, the creative process, Tuscany and Israel, dense forests and the disorder in artists’ studios (sometimes in one and the same enigma). They are always monochrome silver-nitrate prints, made slowly: a process which permeates them and reveals their associations and influences, which are handled in depth and yet reveal the lightest of touches of a painter or a poet or a thoughtful essayist who doesn’t think it beneath him to take up his pen and confront the creative process. For van Dieren, photography is a discipline, a non-obsessional but nonetheless permanent exercise that is both worrying and joyous.
His world is surely not well known enough, despite at last being celebrated with this retrospective exhibition at Contretype and the publication of a monograph. His work certainly does not have the spectacular flashiness that catches the fleeting attention of the public or the mass/social media. Unclassifiable and timeless, yet always current, van Dieren’s work addresses the part of us that is open to sensations, that can be amazed, but also that questions itself, and that still makes an effort to ask itself what it means to take photographs while remaining suspicious of too-easy answers.
The process of making images is like an endless beginning, without having to prove anything, simply to see something there, again and again.