Sophot.com
Tout sur Sophot Photographes Projets Actualités Enseignement galeries
  Actualités
Dossier de Presse
LA MONTÉE DES EAUX
photographies : Fabienne CRESENS
GALERIE MARTINE EHMER
12.1.2019 au 17.2.2019


De la lumière à l’obscurité, Fabienne Cresens est photographe autodidacte belge. Née en Afrique, elle ne cesse depuis l’âge de dix-sept ans, d’élargir le champ de son art, de l’argentique au numérique jusqu’au photophone aujourd’hui, avec ce qu’elle nomme des objets photographiques qui ouvrent la voie à de nouvelles expérimentations fécondes qu’elle mène principalement à Bruxelles, ville en et de création(s). Quand notre perception de la réalité est asphyxiée au point de faire naître le doute sur la vérité de ce qu’on voit et jeter ainsi la confusion dans les consciences, Fabienne Cresens travaille sur l’archéologie du réel, ses chutes et ses beautés. C’est toute la subtilité du travail au long cours de Fabienne Cresens. Il échappe à tous les partages binaires. Il fait chemin(s). C’est dans ce sillage que semble avoir été conçue l’exposition La Montée des eaux ; l’idée d’une série de regardeur.e.s en bonnets de bain en noir et blanc tendue entre le petit fait vrai et le destin de l’humanité.

Dans La Montée des Eaux de Fabienne Cresens, ce sont des visages à pensées, des paysages d’étrangeté, des moments de passion, que nous parcourons, regardons, immergés dans des univers qui nous pénètrent, où se déversent le ''je'' et le ''nous''. On en ressort différent, transformé par une question : ''Que veulent ces images qui se soustraient à la matière et au temps ? Que veulent-elles de moi ?''.

Au cœur du travail de Fabienne Cresens, il y a la vision brisée, sombre, rendue au lyrisme. Mais un lyrisme qui se veut profondément réaliste et humaniste dans, entre et avec les images. Il y a là quelque chose de subtilement poélitique, à la fois narratif, politique et esthétique.

Depuis 2009, la photographe pose un regard sans concessions mais non dénué de douceur sur une réalité que beaucoup se refusent encore à voir : les dérèglements climatiques. Et aujourd’hui, elle surprend en ceci qu’elle compose une série photographique en noir et blanc de pure attention à son environnement, aux êtres humains et aux animaux qui y sont reliés.

Ici, Fabienne Cresens s’approche au plus près d’un visage, de l’enfant à l’adulte, connu ou moins connu, comme s’il était vu pour la première fois. Le visage est nu, simple et bouleversant, étonnamment vivant. Il raconte yeux ouverts et bouche fermée quelque chose de ce que les hommes font aux montagnes, aux forêts, aux glaciers, au ciel comme à la terre. Là, le visage fixe va à l’essentiel pour incarner une responsabilité, une vigilance, une attitude face à la destruction puissante des éléments en furie - pluies torrentielles, inondations, vents dévastateurs, tempêtes, cyclones ou tsunamis.

La série La Montée des Eaux ne s’alourdit pas de pédagogie explicative ou de considérations morales bon marché pour dire ''non'' au cauchemar d’anéantissement final. Dans une douceur entêtante, elle impose un regard à l’acuité sensitive et magnétique. Dans ses plus infimes soubresauts, son ascétique beauté, sa révolte silencieuse est le signe d’une possible (re)naissance au monde, un autre pas. Hic et nunc, les visages ne dorment jamais.

                                                                                                             Sylvia Botella, janvier 2019

 

 
 Photo Précédente Photo suivante 
Publication du mois
GALERIE MARTINE EHMER
200 rue Haute, 1000 BRUXELLES - Belgique
00 32 473 590 285
martine.ehmer@gmail.com
www.martineehmer.com
Du jeudi au dimanche de 11h à 18h

From light to dark, Fabienne Cresens is a Belgian autodidact photographer. Born in Africa, she has not stopped to widen her field of art from the age of seventeen, from film to digital until the photophone now, using what she calls photographic objects which open the way to new fruitful experiments she mostly conducts in Brussels, city in and of creation (s). When our perception of reality is asphyxiated to the point of giving birth to the doubt about the verity of what we see, and of throwing the confusion into the consciousnesses, Fabienne Cresens works on the archeology of reality, its falls and its beauties. It's all the subtlety of the long-term work of Fabienne Cresens. It escapes all the binary shares. It makes path (s). It is in this wake that the exhibition La Montée des Eaux seems to be conceived; the idea of a black and white series of watchers wearing swim caps, which is stretched between the little true fact and the destiny of humanity.

In La Montée des Eaux by Fabienne Cresens, these are thoughtful faces, strange landscapes, passionate moments that we run through and look at, immersed into the universes penentrating us, where the ''I'' and the ''we'' are spilling. We come out different and transformed by a question: ''What do these images evading from matter and time want? What do they want from me?''

At the heart of Fabienne Cresens' work, there is the broken, dark vision, rendered to lyricism. However, it's a lyricism that wants to be deeply realistic and humanistic in, between and together with the images. There is something subtly poelitical, which is narrative, political and aesthetic at the same time.

Since 2009, the photographer takes a look without concessions but not devoid of softness on a reality that many of us still refuse to see: climate change. Today, she surprises us creating a black and white photographic series of pure attention to her environment, to human beings and to the animals that make part of it.

Here, Fabienne Cresens approaches to a face as close as possible, from child to adult, known or less known, as if it were seen for the first time. The face is naked, simple and overwhelming, surprisingly alive. It tells, eyes open wide and mouth shut, something about what people do to mountains, forests, glaciers, heaven and earth. Here, the fixed face goes to the essential with a view to embody a responsibility, a vigilance, an attitude towards the powerful destruction of the elements in rage - torrential rains, floods, devastating winds, storms, cyclones or tsunamis.

The series La Montée des Eaux isn't overloaded with explanatory pedagogy or cheap moral considerations in order to say ''no'' to the nightmare of ultimate annihilation. In a heady softness, it imposes a look full of sensitive and magnetic acuity. Its tiniest upheavals, its ascetic beauty, its silent revolt are the sign of a possible (re) birth to the world, of another step. Hic et nunc, the faces never sleep.

                                                                                             Sylvia Botella, January 2019