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Dossier de Presse
MINEROS
Mineurs de Bolivie

Exposition présentée avec le Château d’Eau
photographies : WICKY Jean-Claude
Musée-Mine départemental
17.4.2010 au 5.9.2010


L'image approximative que les gens se font de la Bolivie se résume aux coups d'Etat et, plus récemment, à la cocaïne. Mais, depuis le début de la colonisation, la Bolivie est avant tout un pays de mines, et son histoire est intimement liée à l'industrie minière. Les fabuleux filons d'argent du Cerro Rico de Potosí, découverts en 1545 par l'Indien Diego Huallpa, ont nourri la légende des mines boliviennes.
Au fil des séjours qu'il a effectués dans le pays ces quinze dernières années, Jean-Claude Wicky pénètre au plus intime de l'âme des mineurs boliviens, en s'enfonçant avec eux dans les labyrinthes de Colquiri, Viloco, Siglo XX ou Chorolque, où ces hommes affrontent le roc et dialoguent avec "el Tio" (le diable). Et reviennent toujours ces questions, tel un viatique : "Comment peut-on photographier l'humidité, la chaleur asphyxiante, le manque d'oxygène, l'odeur âcre du minerai qui imprègne les corps ? Comment peut-on photographier l'obscurité épaisse de la mine, plus impénétrable que le roc, qui annule tout sens de l'orientation, toute notion de temps et de distance, une obscurité qui brûle les yeux et fait disparaître les corps ?"
Dans le monde souterrain de la mine, les lampes éclairent parfois les regards, les torses décharnés des mineurs, telles des sculptures façonnées par la vie, dans lesquelles se devinent déjà les veines de la mort. Jean-Claude Wicky donne à voir, à partir d'un regard rempli d'humanité, un labeur qui en est dénué.

 
MINEROS: Bolivian Miners
Our image of Bolivia consists of political takeovers and, more recently, cocaine.  Since the beginning of colonisation however, it has above all been a mining country with a history intimately linked to this industry.  The fabulous silver mines of Cerro Rico, discovered in 1545 by the Indian Diego Huallpa, fuelled the legend of the Bolivian mines.
During his time spent in Bolivia over the last 15 years, Jean-Claude Wicky has followed closely the story of these miners, going down with them into the labyrinths of Colquiri, Vilovo, Siglo XX or Chorolque, where men come up against the rocks and face “el Tio” (the devil).  The same questions constantly repeat themselves: “How can one capture the humidity, the asphyxiating heat, the lack of oxygen, the acidic smell of the minerals which seems to seep into your bloodstream.  How can one photograph the dark floor of the mine, more impenetrable than rock, which rids us of all sense of orientation, all notion of time and distance, a darkness which burns the eyes and makes bodies disappear?”
In the underground world of the mine, occasionally a lamp lights up the faces and emaciated bodies of the miners, bodies sculpted by their difficult lives which are already haunted by signs of death.  In his photographs Jean-Claude Wicky shows us this senseless labour from a compassionate point of view.


 

 
Publication du mois
Musée-Mine départemental
, 81130 Cagnac les Mines - France
conservation.departementale@cg81.fr
tous les jours de 10h à 19h.

Situé à quelques kilomètres d’Albi, dans l’ancien bassin minier du Carmausin, le musée de la mine est créé en 1989 afin de sauvegarder un patrimoine industriel et transmettre une mémoire ouvrière vieille de sept siècles.
Un lieu d’extraction
Le XIIIe siècle marque la première exploitation connue du charbon en Carmausin, qui se structure et se développe au XVIIIe siècle.
A la fin du XIXe siècle, deux sociétés des mines exploitent le bassin minier : la société des mines de Carmaux, fondée en 1810, et la société des mines d’Albi, créée en 1890. Toutes deux vont structurer le territoire en érigeant des puits de mine, transformant ainsi le paysage rural en lieux d’exploitation industrielle du charbon. En 1946, avec la loi de nationalisation,
les mines privées deviennent mines d’Etat. Dans les années soixante dix, l’exploitation du charbon dans le bassin commence à décliner jusqu’en 1987, date de la fermeture du dernier puits dans le Tarn. Une exploitation à ciel ouvert relaie l’exploitation de fond : la mine de la Découverte voit le jour et fonctionne jusqu’en 1997, date de l’arrêt définitif du charbon
dans le Tarn.
Une mémoire ouvrière
Eboulements, coups de grisou, bruits assourdissants et nuit noire éclairée par la faible lueur d’une lampe : il fallait du courage pour descendre tous les jours risquer sa vie dans la mine. De ces rudes conditions de travail résultent une grande solidarité et une amitié sincère. Ces liens solides et le contexte social du début du XXe siècle ont donné naissance
à la grande famille des mineurs. Poussée par la volonté de transmettre aux futures générations l’expérience de la mine, une équipe d’anciens mineurs a décidé de faire revivre son lieu de travail.
Les savoir-faire
Partagez le cadre de travail du mineur grâce à la reconstitution de 350 mètres de galeries composées des principaux lieux d’extraction au fond : gare souterraine, galerie de creusement où travaillent les boiseurs, galerie de traçage creusée au marteau
piqueur, galerie de servitude où discutent un groupe de mineurs, galerie d’écoulement, front de taille…
Machines et outils sont présentés en situation afin de restituer à l’identique le travail du mineur et raconter l’histoire technique de l’exploitation du charbon.