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Dossier de Presse
VIVIAN MAIER
Street photographer

photographies : VIVIAN MAIER
Société
POWERHOUSE BOOKS
2011


Un an s’est écoulé depuis que l’œuvre de Vivian Maier a chamboulé le panthéon des grands photographes de rue du siècle passé. Que reste-t-il à écrire à part que chacune de ses images est une ode au reportage de proximité, au coin de la rue, là où il n’existe pas de sujet à proprement dit, mais où le quotidien de l’humanité en cache des centaines. Oui, Vivian Maier est l’égale de William Klein pour son coup d’œil incisif ou de Cartier Bresson pour sa rigueur de composition. Mais le regard de l’Américaine, si l’on en croit ses images, estimait aussi les choses et les gens avec douceur, humour et poésie. Une sensibilité que, toute sa vie, Vivian Maier a principalement exprimé en carré.
 
Ces photographies au format propre au Rolleiflex, le jeune agent immobilier John Maloof les découvre en 2007 quand il acquiert aux enchères une boite de négatifs, pensant y trouver de simples documents historiques de sa ville, Chicago. C’est lui qui va couver le trésor – 100 000 images au total, dont un tiers non développées – durant une année tout en essayant de retrouver son premier propriétaire. Mais lorsqu’en cherchant sur internet, il tombe sur la nécrologie de Vivian Maier, il s’aperçoit que la femme vient de mourir la veille, à 83 ans. On est en avril 2009, la photographe emporte alors le secret de son travail dont on ne saura peut-être jamais si elle aurait voulu le montrer, même à ses proches. Elle laisse surtout au monde le plaisir de découvrir une vie entière d’images réalisées au gré de promenades, de pauses ou de rencontres. Que cela lui plaise ou non, Vivian Maier fait aujourd’hui l’objet d’une publication, d’une exposition itinérante, d’un site internet et même d’un blog à sa mémoire.
 
Avant de devenir un virtuose disparu, Vivian Maier, à moitié Française par sa mère, toujours en chapeau et appareil en bandoulière, a travaillé comme nourrice à Chicago et a parcouru ses allées autant que celles de New York ou Paris. C’est là qu’elle y remarque la beauté d’une démarche, la singularité d’une autre, les rires, les pleurs et les jeux d’enfants, les regards surtout, des blancs, des noirs ou des vieux, méfiants ou apprivoisés. Il n’y a dans les poses ou les scènes que la photographe a cru bon d’immortaliser rien d’exceptionnel ; elles reflètent simplement une vision romantique et touchante de la vie et contribue à notre mémoire collective. Vivian Maier nous rappelle à tous, nous photographes ou amoureux de la photographie, que le simple cliché d’un homme endormi sur une plage reste un document extraordinaire.
 
Jonas Cuénin