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Dossier de Presse
BEYOND SOCHI
photographies : THOMAS DWORZAK
Société
EDITIONS SERITI
2014


On en a vu beaucoup sur Sotchi dernièrement. Nombreux sont les photographes partis capturer l'absurdité du projet politique et logistique entourant les JO d'hiver qui viennent de s'ouvrir en Russie. Il y a déjà eu des JO de Moscou en 1980, mais c'était en été. A Moscou. Et c'était encore l'URSS. Cette fois, c'est en 2014 et dans le Caucase, là où se trouvent l'Abkhazie, la Ttchétchénie, la Géorgie, le Karatchaïevsk, Krasnaïa Poliana, et 25 autres Etats et micro-Etats, officiels ou non, qui partagent tous une même histoire récente mais ne veulent plus partager le même territoire.

Thomas Dworzak a parcouru toutes ces nouvelles républiques avec une pointe de cynisme, intéressé surtout par ceux qu'elles gouvernent. Ce n'est pas un inventaire titanesque comme L'atlas du Hollandais Rob Hornstra, c'est le quotidien — celui des rues, des fêtes sous toutes leurs formes et des temps morts. Sa Russie. Celle que les visiteurs arrivés par milliers vont fréquenter mais ne verront pas parce qu'ils seront aveuglés par le folklore. Bernés, comme l'a été l'impératrice Catherine II en 1887, à l'époque des villages Potemkine qui donnaient l'illusion d'être des villages entiers alors qu'ils n'étaient que des décors en carton-pâte.

Thomas Dworzak connaît bien la région pour y travailler depuis 20 ans : "Je me demande ou j'irais si je n'allais pas en Russie. C'est l'endroit que je connais le mieux, je n'ai pas besoin de traducteur, je comprends les gens naturellement. C'est un peu comme la maison", dit-il. National Geographic lui a donc passé commande, et le résultat ressemble à un Lonely Planet pour locaux, une version politiquement engagée sur la vie quotidienne.

A chaque image, placée sur une carte à la manière des lieux incontournables sur un guide de voyage, correspond un chiffre et une légende, rédigée par William Dunbar, dont voici un exemple : ?« 007 – Ours empaillé sur la route au lac Rista Abkhazie : sur la route Abkhazie était la Riviera soviétique (8), aujourd'hui c'est une région séparatiste de Géorgie, balafrée par la guerre et occupée par les troupes russes. Elle s'étend au bord de la mer Noire, juste au sud de Sotchi. » Et ça continue sur une page et demie avec des informations critiques permettant d'évaluer la situation.

L'ensemble se présente dans un coffret contenant un guide écrit et 28 cartes, une pour chaque région et une de l'ensemble du Caucase. Thomas Dworzak en a couvert les points les plus reculés, comme la ville de Budyonnovsk, au nord-est, fondée par les Arméniens. En mêlant les époques et les cultures, il fait résonner la puissance des clichés et des tensions entre différentes minorités de l'ex-URSS, avec cette crainte absurde d'une attaque puisque la Tchéchénie musulmane n'est pas loin. "Cela aurait été la même chose si les Jeux se passaient en Sibérie !", affirme-t-il.


 

 

We’ve seen a lot of Sochi recently. Many photographers have set out to capture the absurd political and infrastructural projects surrounding the Winter Olympics, which just opened in Russia. The games were already held in the region in 1980, but that was in the summer, in Moscow, and it was still the USSR. Now it’s 2014 and we’re in the Caucasus, near Abkhazia, Chechnya, Georgia, Karachayevsk, Krasnaya Polyana and 25 other states and microstates, some official, some not, which share the same history but no longer want to share the same territory.

Thomas Dworzak visited these new republics with a touch of cynicism and a special interest in its people. This is not a titanic inventory like Dutch photographer Rob Hornstra’s atlas. It’s a day in the life, the streets, the festivals, the downtime. This is his Russia. The same one that thousands of tourists will visit but will not see, blinded by the folklore. Fooled, like Empress Catherine II in 1787, by the cardboard Potemkin villages erected for her visit.

Dworzak knows the region well having worked there for twenty years. “I wonder where I’d go if not to Russia,” he says. “It’s the place I know best. I don’t need a translator. I understand the people naturally. It’s a little bit like home.” National Geographic commissioned him to shoot there, and the result is like a Lonely Planet for locals, a politically committed version for day-to-day life.

Placed on a map like the must-see sites in a tourist guide, each image is accompanied by a number and a caption written by William Dunbar. “007 – Stuffed bear on the Road to Lake Rista  Abkhazia: getting there  Abkhazia was the Soviet Riviera (8), today it is a separatist region of Georgia, scarred by war and occupied by Russian troops. It lies on the Black Sea coast just to the south of Sochi.” It goes on like that for a page and a half, with critical information that helps readers assess the situation.

The set comes in a box with a guide and 28 maps, one for each region and one for the entire Caucasus. Dworzak covered the most remote destinations, like the northeastern city of Budyonnovsk, founded by the Armenians. By combining eras and cultures, he makes resonate the power of the prejudices and the tensions among the different minorities in the former USSR that lead to the absurd fear of an attack from nearby Muslim Chechnya. “It would have been the same thing if the games were taking place in Siberia,” he says.