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Dossier de Presse
CHINA NOW
photographies : YIN LIQIN
Urbanisme
LA MARTINIERE
2014


A Shanghai, ce qui a le plus évolué au cours des dernières décennies, c’est le “hardware” urbain : les bâtiments, les routes ou le réseau des transports publics. Les plus hauts immeubles du Shanghai de mon enfance ne dépassaient pas une vingtaine d’étages. Aujourd’hui, on parle d’une centaine d’étages et de chantiers comme celui de la Shanghai Tower, soit plus de 500 mètres de haut. Petit, jamais je n’aurais imaginé que nous serions capable bâtir quelque chose de si haut un jour ! Mais la réalité shanghaienne, c’est justement ce lot permanent de nouveautés et de surprises. Et chaque fois que je traverse le fleuve Huangpu, je trouve toujours aussi fascinant ce contraste qui saute aux yeux : à gauche s’étalent les anciens bâtiments du Bund, notre héritage historique ; à droite se dressent les gratte-ciel modernes de Pudong, notre présent. Pour moi, il ne s’agit pas d’une ville détruite mais d’une ville qui s’est développée sans renier son passé. Le rôle des nombreux étrangers arrivés à Shanghai depuis les années 90 a joué dans le processus : ils nous ont appris à mieux gérer notre ville et à nous comporter de manière plus respectueuse vis-à-vis des autres, notamment dans les espaces publics. Enfin, depuis que Shanghai s’est transformé en centre financier, la plupart des usines ont été déplacées, les espaces verts ont gagné du terrain, la pollution diminue. Tous ces changements ont eu lieu directement sous mes yeux, avec une nette accélération avec la préparation de l’Expo universelle de 2010, ce qui m’a permis d’assister en direct et de photographier de nombreux bouleversements urbains. J’ai eu de la chance. La génération de mon fils, aujourd’hui bébé, n’en aura probablement pas autant. Les bâtiments emblématiques auront déjà été érigés, tout sera déjà en place, comme c’est le cas dans une ville comme Paris. En revanche, il n’aura pas la pression matérielle que les gens de mon âge qui travaillent sans relâche pour acheter un logement dont les générations suivantes pourront profiter.


 

 

In recent decades, what has changed the most in Shanghai is the urban “hardware,” from buildings and roads to the public transportation network. The tallest buildings in Shanghai when I was a child were never over 20 floors. Today, projects like Shanghai Tower have over a hundred stories, reaching 500 meters upward.
I never would have imagined that we would be capable of building something so high one day. But the reality in Shanghai is precisely this, with one surprise after another. And every time I cross the Huangpu River, I find the contrast fascinating: to the left are the old buildings in the Bund, our historical heritage; to the right, the modern skyscrapers of Pudong, our present. What I see is not a city destroying its past, but a city that has developed without denying its past.
All the foreigners who have come to Shanghai since the 1990s have played a role in the process. They have taught us to better manage our cities and to be more respectful of each other, especially in public places. Finally, now that Shanghai has transformed into a financial center, most of the factories have moved, more and more green spaces are appearing, and pollution has decreased.
All of these changes happened before my very eyes, with a marked acceleration to prepare for the World Expo 2010, which I was a live witness to, and was able to photograph the many profound changes. I was lucky. My son’s generation—he’s still a baby—probably will not have as much. The iconic buildings have already gone up. Everything will be in place, like it is in Paris. On the other hand, he won’t feel the pressure that people my age feel, who work tirelessly to buy a home which the generations to come will be able to enjoy.