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Dossier de Presse
LAS AMORORAS MAS BRAVAS
photographies : BENEDICTE DESRUS
Femmes
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2015


Casa Xochiquetzal est un abri comme nul autre au monde, un endroit où les femmes trouvent un lieu de vie dans leur vieillesse, après avoir survécu dans la rue en tant que travailleuses du sexe. Certaines y travaillent encore.

Avec ses portes ouvertes et ses règles faciles à suivre, la maison de Mexico offre un abri, de la nourriture et un éventail complet de soins, tout en encourageant une participation communautaire de celles qui y vivent. C’est une tentative pour donner  paix et dignité à des personnes âgées, conçue pour un segment socialement invisible. Sa création seule a montré avec évidence combien peu de gens, y compris les résidantes elles-mêmes, n’avaient jamais pensé à ce qui se passe lorsque les femmes dans l’industrie du sexe vieillissent. La rue, autrefois leur « showroom » , devenait alors leur dernier recours.

Inauguré en Février 2006, le refuge, situé au centre-ville entre les quartiers de La Merced et Tepito, résulte d’un effort conjoint de l’administration municipale de Mexico, qui prête les locaux et fournit la nourriture, et d’un groupe d’intellectuelles et d’artistes qui, motivées par la cas d’une travailleuse du sexe, ont créé une ONG qui reçoit des dons du public pour fournir le reste des nécessités. Cette organisation permet un fonctionnement continu de Casa Xochiquetzal.

Depuis les débuts du projet (six ans), plus de deux cent cinquante femmes ont reçu de l’aide. Au départ, Casa Xochiquetzal admettait uniquement les femmes âgées de plus de soixante ans, mais par la suite il est devenu nécessaire d’abaisser l’âge minimum. Il y a actuellement dix sept résidantes entre 55 et 80 ans.

Pour ces femmes, la vie de famille était devenue si limitée qu’elles avaient décidé de faire leur chemin seules dans le monde. Ce ne sont pas seulement des hommes qui ont subvenu à leurs besoins, même si ce fut parfois le cas, elles aussi étaient en mesure de se débrouiller seules – du moins à l’époque.

Vivre sous le même toit n’a pas été facile. Un bon nombre de femmes se connaissaient depuis des années, soit dans les rues, soit sur les places de San Sebastián ou San Fernando, mais à l’époque elles se disputaient les clients. Pourtant, peu à peu, une coexistence s’est instaurée. Cela s’est fait par le biais d’ateliers ou d’activités, ou l’attribution de rôles définis pour nettoyer la salle de bain ou faire la cuisine. Chacune fait quelque chose pour toutes, et chacune a le sentiment de faire partie d’une communauté. Ce sont les femmes de Casa Xochiquetzal, et Casa Xochiquetzal leur appartient.

Dans le cadre de notre travail de journalisme d’enquête, nous avons pendant plus de cinq ans créé une documentation photographique éloquente de la vie de ces femmes. Plus tard, nous leur avons parlé et les avons interviewées. Nous avons recueilli leurs histoires ; bien souvent, ces récits commencent par la fuite du domicile familial en raison de violences sexuelles de la part de parents, d’amis et parfois même de leurs mères.

Pour recevoir les informations sur l’achat du livre « Tough Love » (disponible en espagnol et en anglais): proyecto.xochiquetzal@gmail.com.
Une partie des bénéfices de la vente du livre est reversée à « Casa Xochiquetzal »
 


 

 

Casa Xochiquetzal is a shelter like no other in the world, a place where women find a home in old age after having lived on the streets as former—or current—sex workers.

The Mexico City house, with its open doors and easy-to-follow rules, offers shelter, food and comprehensive care at the same time it encourages community participation on the part of its residents. It is a shot at peace and dignity in old age, designed for a socially invisible segment. Its creation alone made manifest how few people—including the residents themselves—had ever stopped to think what happens when women in the sex industry grow old. The street, once their “showroom,” became their last resort as well.

First opened in February 2006, the shelter, located between downtown’s La Merced and Tepito districts, is a joint effort on the part of the Mexico City municipal government, which lends the building and provides food, and woman intellectuals and artists who, motivated by the case of one sex worker, created an NGO that receives donations from the public to provide the remaining necessities. This arrangement is what allows for Casa Xochiquetzal’s ongoing operation.

Over the life of the project—six years to date—more than 250 women have received support. While Casa Xochiquetzal began by admitting only women over sixty, it later became necessary to lower the minimum age; current residents number seventeen and range from ages 55 to 80.

Life at home became so restrictive for these women that they decided to make their way alone in the world. It wasn’t just men who ended up providing for them, though in some ways this was the case; they, too, were able to take care of themselves—back then.

Living under a single roof hasn’t been easy. Although many of the women knew one another for years on the streets, or from San Sebastián or San Fernando Plazas, they competed for clients. Yet little by little, coexistence has come to pass. One way of getting there was through workshops and activities, or establishing defined roles when it comes to cleaning the bathroom or making food. Everyone does something for everyone else and feels like she is part of a community. These are the women of Casa Xochiquetzal and Casa Xochiquetzal belongs to them.

As part of our investigative journalism work over the course of more than five years, we have documented these women’s lives via eloquent visual representations. Later we talked to and interviewed them. We have gathered their stories; in many cases they begin with flight from childhood homes due to abuse on the part of parents, friends and sometimes even mothers.