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Dossier de Presse
NOTES FOR AN EPILOGUE
photographies : Tamas DEZSO
Société
HATJE CANTZ
2015


La Roumanie voit son héritage spirituel et patrimonial se déliter inéluctablement. Le temps fait son œuvre, sapant les traditions séculaires que préservaient de minuscules villages et hameaux, tout en rongeant les bastions de l’industrialisation que l’ère communiste a injectée de force dansl’histoire du pays. Ceux qui vivent dans l’isolement que confère l’oubli se fondent dans la nature, témoignant d’une humilité transmise de génération en génération. Face à une modernité qui gagne chaque jour du terrain, ils vivent leurs derniers jours en communion avec leur environnement et peu à peu, avec application, réduisent en poussière les édifices absurdes qui les entourent. À la manière des termites, ils détachent des fragments de monstrueux monolithes de béton et les emportent dans leurs pauvres charrettes brinquebalantes. Ils fouillent inlassablement les carcasses abandonnées des géants de l’industrie, usines, centrales et hauts fourneaux, et démantèlent les monuments à la gloire du modernisme infligé, qui s’érodent pour devenir de simples décors de cinéma. Il y a quatre ans, je me suis mis à photographier les scènes de ce monde en proie à une décomposition irréversible, la métamorphose d’un pays des Balkans qui renaît de ses cendres après la dictature la plus brutale de cette région du globe. En capturant ce qui subsiste encore, j’observe le parallèle qui s’est érigé entre la tendance générale et les histoires personnelles. Confrontée à sa mortalité, l’humanité déploie son endurance, adopte des destinées chargées de symboles et prend forme.
Tamas Dezso


 

 

Spiritual tradition and physical heritage are simultaneously disintegrating in Romania. Time is beginning to undermine centuries-old traditions preserved in tiny villages, in communities of only a few houses, as well as in the bastions of the communist era’s enforced industrialisation, which became part and parcel of Romania’s recent history. Those living in the reservations of forgetting blend with nature, exhibiting a humility inherited through generations. Urged on by modernisation, they are living out their last days in evident equality of closeness to nature and, helping time, they are diligently pulling down the absurd edifices of their environment. In the manner of termites, they carry away small pieces of immense concrete constructions on the rickety carts of poverty, pick through reinforced concrete frames of former factory monsters, power stations and furnaces, dismantling monuments of formerly enforced modernisation which have corroded into a stage set. Four years ago, I began photographing the scenes of a world irreversibly decaying, the transformation of a Balkan country surviving the region’s hardest dictatorship. When capturing the still recordable milieu I am examining the parallel of a general tendency and personal stories: as resilient humanity condensing into symbolic destinies takes shape in the face of mortality.