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Dossier de Presse
SO LONG, CHINA
photographies : Patrick ZACHMANN
Photojournalisme
XAVIER BARRAL
2016


Cela fait plus de trente ans que Patrick Zachmann parcourt la Chine qu’il découvre en 1982 à travers le prisme du cinéma. Des triades de Hong Kong dans les années 80 à la transformation de la ville de Pékin en passant par Tian’anmen, le tremblement de terre du Sichuan et l’exposition universelle de Shanghai, cet ouvrage rassemble près de 350 photographies N&B et couleur, mêlant la petite et la grande histoire dans un pays en pleine mutation. Le fil rouge de ce travail au long cours est la question de l’identité qui devient pour les nouvelles générations, en perte de repères, un enjeu essentiel.

Après un premier voyage de découverte, en 1982, dans le cadre d’un reportage sur le cinéma chinois, Patrick Zachmann entreprend un travail sur la diaspora chinoise dans le monde. Cela l’amène en Chine du Sud d’où sont originaires la plupart des immigrés. Il entame alors un voyage sur la durée à travers une vingtaine de séjours qui lui permettront de saisir les transformations fulgurantes de la société chinoise mais aussi les bouleversements urbains. Images du sud de la Chine, de Hong Kong, mais aussi de Taïwan qui entretient un lien très fort et incontournable avec la mère patrie, images de Tian’anmen lors des événements de mai-juin 1989, et du terrible tremblement de terre qui endeuilla la province du Sichuan en 2008.
À partir de 2001, la Chine de Patrick Zachmann passe à la couleur. Comme une transition, la série Impressions de nuit montre un pays qui est passé du costume de Mao aux couleurs vives, extravagantes et audacieuses.
Le photographe choisit dès lors de montrer faux-semblants et envers du décor, il veut être le témoin de la complexité des formes qui bouleverse les identités individuelles et collectives de la Chine contemporaine. Entre les images de façade qui caractérisent le pays – décors urbains, pouvoir des apparences, univers artificiel de la nuit – se glissent des existences dures et incertaines, comme celles de ces mingong, paysans pauvres venus fuir la misère et chercher du travail dans les grandes villes. Véritables esclaves modernes qui construisent la Chine de demain, ils sont près de deux cents millions à trimer pour un salaire de misère et ne rentrent au village, qu’une fois par an, durant le nouvel an chinois. Avec la série Retour à Wenzhou, Zachmann montre les mutations profondes de l’espace urbain. Le mouvement d’immigration s’est presque inversé. Les candidats à l’exil se font plus rares et de nombreux Chinois reviennent au pays, les chances de s’enrichir sont plus grandes aujourd’hui à Wenzhou que dans un atelier clandestin en France. Les dernières images du livre, composées de portraits transgénérationnels, ont pour ambition de montrer le choc culturel à l’intérieur des familles dans un pays où l’histoire s’est accélérée à une vitesse vertigineuse.
Des extraits du journal de bord tenu par Patrick Zachmann lors de ses voyages ponctuent ces différentes étapes et apporte un éclairage supplémentaire à ces images, mais aussi sur le travail de photographe dans une société où règnent la censure et la manipulation du régime.


 

 

For over thirty years, Patrick Zachmann has traveled across China, a country he discovered in 1982 while reporting on the Chinese film industry. From Hong Kong triads in the 1980’s to the mutation of the city of Beijing through Tiananmen Square protests, this book brings together around 350 B&W and colour photographs, in which the small and the great history meet in a changing country. The underlying theme of this long-term work is the issue of identity, that becomes for the new generations in loss of marks of identity, a major concern.

After a first trip to China in 1982 for a reportage on the Chinese film industry, Patrick Zachmann undertakes a series on the Chinese people around the world. It takes him to Southern China where most of the emigrants are from. He decides then to start a long-term project. Through over twenty trips, he records the swift changes in the Chinese society as well as in cities. Photographs of Southern China, Hong Kong, as well as Taiwan which has maintained a strong relation with the mother country, photographs of Tiananmen Square during the protests of May-June 1989, and of the terrible earthquake which plunged into mourning the Sichuan province in 2008.
Since 2001, Patrick Zachman’s work has shifted to colour. As a transition, the series Chinese nights shows a country in which extravagant and daring colours are succeeding to the blue-grey uniformity of the “Mao suit”.
The photographer has chosen then to focus on subterfuges and behind the scene events, and become the witness of the complex changes disrupting the individual and collective identities of contemporary China. Between fake images of a virtual reality that define the country – urban landscapes, the power of appearences, the artificial night life – harsh and uncertain lives slide into the society, including the ones of the mingong, poor countrymen who came to the city to avoid poverty and get a job. It is estimated that they form a gigantic army of two hundred millions working for a miserable pay and traveling back home only once a year for the Chinese New Year. In the series Back to Wenhzou, Zachmann reveals the deep mutations of urban spaces in a couple of decades. The migrating trend was almost reversed – few were the people who were contemplating exile and a great number of immigrants were back to “Mother China”. With the booming economy, it was much more likely to succeed in Wenzhou than in a clandestine garment factory in France.
The last series of the book, presents multi-generational portraits revealing the culture shock within families in a country where history has accelerated at dizzying speed.
Excerpts from Patrick Zachmann’s diary written during his trips punctuate these different series and bring new light on these photographs, as well as on the work of a photographer in a society where censorship and state manipulations prevail.