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Dossier de Presse
MY LAGOS
photographies : Robin HAMMOND
Société
Edition Bessard
2016


Robin Hammond recevait en 2013 le prix Eugene Smith, pour son travail Condemned – Mental Health in African Countries in Crisis. Réalisé sur plusieurs années, ce reportage dresse un bilan troublant de l’état de la santé mentale dans plusieurs pays africains, du Sud-Soudan à la Somalie, en passant par le Nigeria. Partout, on attaque la dignité des malades, abandonnés, abusés et humiliés par des politiques en crise. « Beaucoup des projets sur lesquels j’ai travaillé en Afrique sont pesants et tristes. Je me sentais concerné par l’idée que nous parlons régulièrement de l’Afrique en termes négatifs. Il est important de couvrir des problèmes comme celui de la santé mentale, mais je voulais montrer un autre aspect », explique Robin Hammond.
Subjugué par l’effervescence chaotique de la capitale nigériane, Robin Hammond décide d’y passer plus de temps pour témoigner de cette complexité. Si l’on désigne souvent Lagos comme une ville en plein essor économique, une fois de plus l’image s’avère tronquée. La réalité quotidienne montrée dans le dernier livre de Robin Hammond, My Lagos, est tout autre, même si l’ouvrage est ponctué de témoignages de résidents qui s’accordent à dire que « Lagos est une terre d’opportunités ». « Les gens parlent avec leur point de vue. Même s’ils se trouvent dans une situation difficile, ils savent qu’il y a des gens riches à Lagos. C’est leur rêve lorsqu’ils arrivent dans cette ville. Mais ce n’est pas un lieu facile à vivre, à moins d’être prêt à travailler dur et à lutter », commente Hammond.
« La première fois que je suis allé à Lagos, c’était pour un week-end, mais c’est seulement en y passant plus de temps que j’ai compris la ville en profondeur. Je suis parti là-bas notamment pour y trouver une diversité, mais je voulais faire des photos pour saisir l’essence de la ville. Je pense que c’est en fait une tâche impossible. Une ville n’est jamais qu’une géographie. Ce qui compte, c’est l’expérience qu’on en fait », raconte Hammond. L’apparat esthétique choisi par le photographe exprime l’hétéroclisme de la capitale. On découvre des portraits posés ou des scènes de rue, on y voit des amateurs de mode, des pauvres, des paysans de l’exode rural et des riches croulant sous les nairas. « Il existe une grande diversité au sein du chaos de cette ville, qui expose selon moi la complexité de l’Afrique en tant que lieu », poursuit Hammond.
Chacun a sa place, mêlé à l’ambiance quotidienne en pleine page ou extraits de ces scènes aux notes cinématographiques sous la forme d’un portrait au Polaroid. « Le portrait est un moyen de rencontrer les individus qui composent la ville », remarque Hammond. A part, dans un format qui casse le rythme des pages par sa dimension verticale et réduite, ils incarnent un personnage dans ce film un peu déjanté qu’est la réalité. La couverture du livre, composée de l’affiche originale d’un film de Nollywood, soutient cette lecture des portraits. « Je me suis beaucoup intéressé à Nollywood, un cinéma très populaire dans toute l’Afrique. J’étais notamment fasciné par l’imagerie, dont la postproduction adopte un mode plutôt amateur. C’est une façon très nigérienne de regarder le monde, où ce qui compte le plus, c’est le contenu », conclut-il


 

 
In 2013, Robin Hammond received the W. Eugene Smith Grant in Humanistic Photography for his project Condemned—Mental Health in African Countries in Crisis. The fruit of several years’ work, the report offers an unsettling account of the state of mental healthcare in several African states, from South Sudan and Somalia to Nigeria. Wherever you look, you find evidence of assaults on the dignity of patients who are abandoned, mistreated, and humiliated  in  time of crisis. “A lot of the projects I have worked on in Africa are heavy and sad, and I became concerned by the idea of how we often talk about Africa in a negative way. It’s very important that we cover issues like mental health, but I really felt that I wanted to show a different side,” explained Robin Hammond.
Awed by the somewhat chaotic effervescence of the Nigerian capital, Robin Hammond decided to stay there longer to document its complexity. Lagos is often spoken of as a city undergoing an economic boom, but that’s only part of the picture. The daily reality we discover in Robin Hammond latest book, My Lagos, tells a different story, even if scattered throughout the book are inhabitants’ testimonies affirming that “Lagos is a land of opportunity.” “People are speaking from their point of view. Even though they are really in a difficult situation, they know that there are wealthy people in Lagos and dream about it when they arrive in Lagos. But it’s a difficult place to live, unless you are prepared to work and strive very hard,” commented Hammond.
“The first time I was in Lagos was for a week-end,” said Hammond, “and it’s only when I spent more time there that I understood it a bit deeper. Part of the reason why I went there was to embrace diversity, but I wanted to make pictures which somehow captured the essence of the city. In reality, I think it’s an impossible task. A city is only  geography. what counts  is the way you experience it.” The aesthetics adopted by the photographer reflects the capital’s heterogeneity. Among posed portraits and street shots, we encounter fashion connoisseurs, the poor, farmers driven to the city by rural exodus, next to people loaded with nairas” local money”. “There is a huge diversity within this mess of a city, and I thought of it as a place showing Africa as a complex place,” Hammond further explained.
Everyone has a place, featured on full page against the background of everyday activity or in snippets like cinematic annotations in the form of Polaroid portraits. “The portraits allow us to meet the individuals that are making this city,” observed the photographer. Through their reduced size and vertical layout, these portraits break up the flow of the book and embody a character in this slightly disjointed film we know as reality. The book’s cover, featuring an original Nollywood film poster, supports this reading of the portraits. “I was really interested in Nollywood, which is very popular all over Africa. I was particularly fascinated by the imagery, concluded Hammond. The post-prod is quite amateur and I really felt it’s very much a Nigerian way of looking at the world, in which content is the most important.”