Sophot.com
Tout sur Sophot Photographes Projets Actualités Enseignement galeries
  Actualités
Dossier de Presse
VILLE DE CALAIS
photographies : Henk WILDSCHUT
Migrations
Editions GwinZegal
2017


Le photographe néerlandais Henk Wildschut a entamé en 2005 un projet sur les émigrés illégaux de Calais. Un monde parallèle, également appelé la jungle, a existé pendant plus de dix ans dans les forêts, non loin de la petite ville portuaire française. Pour des milliers de réfugiés et de migrants venus d’Irak, d’Afghanistan, du Pakistan, de Somalie, du Soudan et du Nigeria, c’est le point de départ de la dernière étape pour atteindre la destination qu’ils recherchent : la Grande-Bretagne.
Les images de cabanes d’urgence faites de bric et de broc prennent une valeur universelle, renvoyant à toutes les formes de précarité dont l’auteur témoigne sans misérabilisme ni sensationnalisme. « La façon dont les exigences primaires de la vie se manifestent dans de tels abris forme le leitmotiv de ce projet de photographie documentaire pour lequel j’ai beaucoup voyagé à Calais, au sud de l’Espagne, à Dunkerque, à Malte, à Patras et à Rome. Pour moi, l’image de l’abri – où qu’il soit en Europe – est devenue le symbole de la misère de cette expérience de réfugiés », explique le photographe.
En 2009, la jungle dont la population était alors estimée à 1 500 personnes a été évacuée par la police. Cela n’a pourtant pas empêché de nouveaux migrants de venir, même si leur nombre n’avait plus l’ampleur des années précédentes. À l’été 2014, la jungle de la rue des Garennes s’était complètement repeuplée. À partir de 2015, Henk Wildschut a été témoin de la transformation incroyablement rapide des petits camps en une ville avec des restaurants, des boulangeries, des mosquées, une église, des magasins et même des hammams. Elle a été démantelée ?n octobre 2016.
En 2011, Henk Wildschut a publié Shelter, un livre accordant une place centrale aux abris provisoires construits par les réfugiés dans les forêts de Calais. Ces cabanes étaient le symbole de la force individuelle et de la ténacité. Dans le livre Ville de Calais, il montre que, groupés, ils sont capables de bâtir une ville et que cette population ne doit pas être marginalisée.

Irène Attinger

 

 
In 2005, the Dutch photographer Henk Wildschut embarked on a project about illegal immigrants in Calais. This parallel world, also called the jungle, existed for over ten years in the forests not far from the French harbor. For thousands of refugees and migrants from Iraq, Afghanistan, Pakistan, Somalia, Sudan, and Nigeria, Calais was the point of departure en route to their dream destination: Great Britain.
Images of makeshift huts take on a universal value, linking up with other forms of precariousness that the artist portrays without wallowing in misery or sensationalism.
“The way basic needs like shelter make themselves known forms the leitmotif of this documentary photography project, during which I made frequent trips to Calais, to southern Spain, Dunkerque, Malta, Patras, and Rome. For me, the image of shelter, anywhere in Europe, has become the symbol of the hardship experienced by refugees,” explains the photographer.
In 2009, the jungle, whose population was then estimated at 1,500, was evacuated by the police. This did not prevent new waves of migrants, even if they were not as numerous as in the previous years. In the summer of 2014, the jungle in Rue des Garennes was completely repopulated. Starting in 2015, Henk Wildschut witnessed the incredibly fast transformation of small encampments into a city complete with restaurants, bakeries, mosques, a church, shops, and even hammams. It was definitively dismantled in late October 2016.
In 2011, Henk Wildschut published Shelter, a book focusing on makeshift habitations built by the refuges in the forests outside Calais. The huts were a symbol of individual power and tenacity. In his book Ville de Calais, Wildschut shows that, together, people are capable of building a city and that this population does not deserve to be marginalized.