Présentation Actuellement Archives

Galerie   

"FLEUVES FRONTIÈRES"
photographies : Franck VOGEL
 
du 14.9.2017 au 28.10.2017



 
UNE EXPOSITION SUR LES GRANDS FLEUVES FRONTIÈRES ?
L’idée est séduisante en ces temps où l’accès à l’eau devient une question essentielle pour l’humanité. Pourquoi le Nil, le Brahmapoutre, le Colorado et le Jourdain ? Parce que ces quatre fleuves comptent parmi les plus déterminants pour nos civilisations. Qu’adviendra-t-il du Nil, s’interroge Franck Vogel, quand les besoins des riverains auront largement dépassé le débit du fleuve ? Combien de temps pourra résister le Brahmapoutre face à la multitude de barrages qui vont se dresser sur son parcours en Chine et en Inde ? Comment préserver le Colorado, étrillé à un point tel que ses eaux n’atteignent même plus son embouchure, dans le golfe de Californie ? Et qu’en sera-t-il du Jourdain, pressuré et souillé, alors qu’il se révèle un enjeu stratégique majeur dans les négociations de paix au Proche-Orient, région semi-aride ? Le défi est aujourd’hui lancé ! Comme il doit l’être pour d’autres fleuves, comme le Gange, l’Amazone, le Mékong ou le Zambèze.

L’eau, rappelons cette évidence, c’est la vie. Un bébé humain à la naissance est composé aux trois quarts d’eau, un cerveau humain adulte de 80 % d’eau ! Et plus encore pour certains animaux marins, comme les méduses. Or, contrairement aux apparences, l’eau est rare sur terre. Une mince pellicule de surface sous forme d’océan représente l’essentiel de l’eau de notre planète, le volume restant se partageant entre les nappes aquifères, les lacs, les rivières et les fleuves. Ces fleuves, précisément, sont comme des traits d’union entre les terres émergées et l’océan : ils drainent les continents et apportent tout à la mer… Ils ont, de ce fait, toujours constitué des frontières naturelles.

Face à la démographie exponentielle de l’humanité et plus encore à son comportement irresponsable, les problèmes actuels sont bien connus : destruction des écosystèmes, des rives et des mangroves ; pollution aiguë de l’eau et des estuaires ; dissémination d’espèces exogènes envahissantes au détriment des poissons endémiques ; surpêche dans les cours d’eau et les estuaires ; enfin et surtout, dérèglement climatique qui affecte déjà le débit des eaux fluviales et provoque une remontée du niveau des mers qui noient épisodiquement estuaires et deltas. À de longues périodes de sécheresse, succèdent des précipitations intenses et des inondations dramatiques.

Les images de Franck Vogel constituent de précieux outils pour un scientifique. En se succédant ainsi dans le temps en séquences révélatrices, elles mettent en évidence la dynamique des écosystèmes. Qu’ils traversent l’Égypte ou l’Inde, les États-Unis ou le Proche- Orient, ces grands fleuves sont aussi d’extraordinaires frontières en géopolitique. L’homme s’y agglutine et crée des désordres considérables. Ils représentent de très menaçants socio-écosystèmes en évolution rapide. Imaginons ces mêmes fleuves il y a 12 000 ans, avec seulement quelques millions d’humains sur terre, à l’orée de la domestication animale et de l’agriculture, déroulant leurs majestueux rubans d’eau pure, à peine affectée par la boue des crues… Et regardons-les aujourd’hui : contraste ô combien saisissant ! Rien n’est perdu pourtant, il faut se battre pour un avenir soutenable, pour préserver nos fleuves, ces merveilleux témoins de l’évolution humaine.

Retroussons donc nos manches et cessons ces agressions permanentes vis-à-vis de nos rivières. Interdisons toute pollution, nos cours d’eau ne sont pas des poubelles ! Développons une culture réelle de l’impact de sorte que plus aucun aménagement ne se fasse sans une réflexion approfondie sur l’évolution postérieure de l’écosystème. Ces fleuves sont nos lignes de vie, ils nous sont indispensables, comme ils l’ont toujours été pour l’humanité. Sur l’autre rive, toujours démarrait l’inconnu !
 Gilles Bœuf.

Gilles Bœuf est biologiste, spécialiste de la biodiversité, professeur à l’Université Pierre-et-Marie-Curie, ancien président du muséum national d’Histoire naturelle et conseiller scientifique auprès de la ministre de l’Environnement Ségolène Royal.


 
 
FRONTIER RIVERS
Will the water war happen?

by Franck VOGEL

AN EXHIBITION ON THE SUBJECT OF MAJOR FRONTIER RIVERS?
The idea is attractive in these times where access to water is becoming essential for humanity.  Why the Nile, the Bramapoutra, the Colorado and the Jordan?  Because these four rivers are amongst the most critical for our civilisation.  What will happen to the Nile, wonders Franck Vogel, when those living along it need more water than the river can provide?  How long will the Bramapoutra cope with the multiple dams that have been built along its length in China and in India?  And how to save the Colorado, abused to the point that its waters don’t make it any more to its estuary in the Gulf of California?  What about the Jordan, polluted and under pressure, all the while being a major strategic asset in the peace talks in the semi-arid Middle East?  The challenge is clear today! Just like it is for other rivers, like the Ganges, the Amazon, the Mekong or the Zambezi.
  
Water is life – it seems obvious but it is worth repeating.  A human baby is 75% water at birth, and an adult’s brain is 80% water!  The proportion is even higher in certain marine animals such as jellyfish.  Despite that, and contrary to what you think, water is rare on earth.  Most of the water on our planet is held in a thin layer in the form of oceans, and the rest is spread between underground water tables, lakes, streams and rivers, big and small.  The majors rivers are like links between the land and the ocean: they drain off the continents and bring everything to the sea….they have always been natural borders.
  
Today’s problems are well known, coming from the exponential growth of the human race and its irresponsible behaviour: destruction of ecosystems, shorelines and mangroves; severe pollution of water and estuaries; invasion by exogenous predator species which spread at the cost of endemic fish; overfishing in rivers and estuaries; and finally but above all, climate change which is already affecting the flow of rivers and leading to a rise in sea levels, thereby flooding estuaries and deltas.  Intense and dramatic floods now follow long periods of drought. 

Franck Vogel’s images are precious tools for scientists.  They show the evolution of ecosystems over time.  Whether they cross Egypt or India, the United States or the Middle East, these major rivers are also extraordinary geo-political frontiers.  People gather along their banks and create significant disruption, representing seriously threatening socio-ecosystems which are evolving very fast.  Imagine those same rivers 12.000 years ago, with just a few million humans on earth, at the very beginning of agriculture and the domestication of animals, laying out their majestic ribbons of pure water, hardly affected by the mud of flooding…..and look now : what a contrast!  The battle is not lost however, we need to fight for a sustainable future, to preserve our rivers, those witnesses to human evolution. 

So let’s get going and stop the continual aggression of our rivers.  Stop all pollution, our rivers are not rubbish bins! We need to develop a real culture of impact measurement where no work can be done without a serious study of the effect on the ecosystem.  These rivers are our lines of life, they are and always have been vital for humanity.  The unknown has always begun on the other bank!
. Gilles Bœuf.

Gilles Bœuf is a biologist, specialist in biodiversity, professor at the Université Pierre-et-Marie-Curie, former president of the Natural History Museum and scientific advisor to the Minister of the Environment, Ségolène Royal.


 

 Photo Précédente Photo suivante 
Publication du mois
 
58 rue Quincampoix, 75004 PARIS -
+33 (0)1 42 74 26 36
contact@sophot.com / malika.barache@pqev.org
Du mardi au samedi de 13h30 au 18h30
Entrée libre
Vernissage mercredi 13 septembre 2017 de 18h à 21h
...