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Exposition :
BELARUS’ LEGACY
En  partenariat avec la Maison d’Europe et d’Orient
 
Vernissage : le vendredi 11 mai à 18h30 au 100ecs
100, rue de Charenton
75012 Paris
BELARUS’ LEGACY
(Héritage biélorusse)

Jef Bonifacino 
Biélorussie - 2017

'' La Biélorussie est le pays le plus touché par les retombées radioactives de la catastrophe de Tchernobyl. La zone de la centrale nucléaire de Tchernobyl, à 60% en Biélorussie, est toujours contaminée et abandonnée. A quelques centaines de kilomètres, la nouvelle centrale nucléaire Biélorusse d’Astravets sera mise en service cette année.
Exploration du pays sur les traces de la mémoire biélorusse, ce travail nous permettra de comprendre un peu mieux son présent et de nous questionner sur la répétition de l’histoire, la dictature et sur notre rapport à l’énergie nucléaire. ''

Mort et vie, création et destruction, c’est le cycle naturel. Mais en Biélorussie, les anéantissements semblent se répéter et se répondre plus vite qu’ailleurs ne laissant que peu de temps au pays pour se relever, comprendre, briser ses chaines. L’influence d’hier est souvent imposée; les ressemblances, irrémédiables ?

A l’heure de la mise en service de la nouvelle centrale nucléaire d’Astravets 32 ans après la catastrophe de Tchernobyl, dont les biélorusses sont encore les premières victimes, cette série se penche sur les traces de l’histoire du pays afin d’éclairer un peu mieux son présent.
'' La mémoire est constitutive de l’identité... C'est justement la discontinuité, l'intermittence qui caractérise le mieux la mémoire collective biélorusse.'' Tatiana Gloukhova, L’identité bélarusse : la mémoire collective et les constructions contemporaines.
 
 
Chronologie récente :
 
1793 Le territoire Biélorusse (partie du Grand Duché de Lituanie : Pologne, Biélorussie, Lituanie) est annexé par la Russie.
1812 Bataille de la Bérézina, défaite de la France alliée aux Biélorusses contre la Russie.
1915-1918 Première Guerre mondiale, la ligne de front Allemagne-Russie passe à travers le territoire Biélorusse (Rakow).
1917 Révolution d’Octobre en Russie. 1918 (mars) Proclamation de la République populaire biélorusse. 1918 (décembre) Libération et annexion de la Biélorussie par l’Armée rouge.
1937 Exécutions de masse soviétique, 250 000 morts à Kourapaty, en banlieue de Minsk.
1939-1945 Seconde Guerre mondiale. Invasion de l’Allemagne nazie : 200 villages entièrement rasés (Khatin), plus de 2 millions de tués.
100 000 juifs dans le ghetto de Minsk, la population urbaine biélorusse, juive à 40 % avant la première guerre mondiale, disparaît à 90 %.
1944 Les troupes soviétiques libèrent la Biélorussie et Minsk est détruite à 90%.
1986 (26 avril) Explosion de la centrale atomique de Tchernobyl avec 70% de la radioactivité retombée en Biélorussie, 200 000 morts et 2 millions d’habitants contaminés.
Création par l’Armée soviétique de la zone d’exclusion de Tchernobyl, 30 kilomètres autour de la centrale à cheval entre l’Ukraine (40%) et la Biélorussie (60%).
1991 Effondrement de l’URSS et création de la République de Biélorussie. Le pays se réapproprie ses symboles historiques, le Pahonie et le drapeau blanc, rouge, blanc.
1994 (à aujourd’hui) Election d’Alexandre Loukachenko, nostalgique de l'époque soviétique. Restauration du drapeau soviétique, des kolkhozes et du KGB.
2018 Mise en service de la nouvelle centrale nucléaire d’Astravets construite par la Russie.
 
 
En un siècle la moitié de la population d’un pays a disparu et une partie de sa population est toujours malade. Peut-être est-il impossible de rendre justice à tous. Il est plus simple d’interdire de critiquer, de comprendre et d’expliquer, même le passé. 
Il est plus facile d’imposer la construction d’une centrale nucléaire et il est si simple de trouver qui la défendra : armée et police ne refusent personne, un emploi sûr, à la portée de tous et bien mieux rémunéré que professeur ou chirurgien.

En attendant le renouveau, la nouvelle génération qui n’a pas connu l’époque soviétique écoute du rap et regarde des séries américaines sur son iPhone, l’histoire se répète dans le silence. La centrale nucléaire d’Astravets sera mise en service cette année.
Sa construction a été décidée en 2012, en pleine crise de Fukushima et personne n’a jamais demandé leur avis aux habitants du pays le plus meurtri au monde par une catastrophe nucléaire civile.
Oleg vit à Kamarin, à 30 kilomètres de la centrale, à la lisière de la zone interdite. Il me dit avec un sourire : '' Comme ça ils réussiront peut-être à tuer la deuxième partie de la population. ''