Sophot.com
Tout sur Sophot Photographes Projets Actualités Enseignement galeries
 

Morgan FACHE

Adresse : Château de Rouaix, 31560 SAINT-LÉON - France
Téléphone : 0770048853
E-mail : morganfache@gmail.com
Site : www.morganfache.com

Agence : Collectif Item
Adresse : 3 Impasse Fernand Rey, 69001 LYON - France
Téléphone : 04 78 72 18 40
E-mail : item@collectifitem.com
Site : www.collectifitem.com 
 
Lieu de naissance : France, en: 1981
Formation : eMI-CFD formation photojournalisme

 
 
Titre : De l'Inde à la Réunion, de l'Engagisme à la Liberté
Thème(s) : Esclavage, Coutumes et Traditions
Pays : France
Lieu :
Date : 1/2013 - 3/2013
Nombre de photos : 28
Commanditaire :
Agrandir la photo 
 

Ruines du Domaine Panon Desbassayns-Villèle, Saint-Gilles-les-Hauts.
Les ancêtres de la famille Mardenalom étaient des engagés venus de la région de Calcutta en Inde. Recrutés dans leur pays avec un contrat de travail, ils sont arrivés sur...
  DE L’INDE À LA RÉUNION, DE L’ENGAGISME À LA LIBERTÉ  
 

Au 19e siècle, l’économie de La Réunion repose essentiellement sur le commerce du café, mais surtout de la canne à sucre. Ces cultures nécessitent une main d’œuvre importante recrutée par les riches propriétaires des terres dans le cadre de l’esclavage puis dans celui de l’engagisme. L’abolition officielle de l’esclavage à la Réunion a eu lieu le 20 décembre 1848 et laisse place à l’engagisme. L’engagé signe un contrat d’engagement (contrat de travail) envers un engagiste le liant pour une durée de 5 ans. Il doit doncpercevoir un salaire, garde sa liberté de culte et bénéficie de la possibilité de rentrer dans son pays d’origine à la fin de son contrat. Mais, pour la majorité des engagés, la réalité fut toute autre. Les engagés, tout comme les esclaves, sont achetés sur des marchés et leurs conditions de travail sont équivalentes à celles des asservis. Entre 1860 et 1936, La Réunion accueille plusieurs dizaines de milliers de personnes (des engagés) venues de pays divers, en majorité de l’Inde, mais aussi de Madagascar, des Comores, du Mozambique, de Chine et d’Europe. Il faudra attendre le milieu du 20e siècle, pour que l’immigration libre et spontanée commence à remplacer l’engagisme. Durant cette période de l’engagisme, plus de 120 000 Indiens sont «importés» de la Côte Est de la péninsule. Ces femmes et ces hommes vont être à la base de la composante indienne des Indo-Réunionnais. Aujourd’hui, après trois ou quatre générations, que sont-ils devenus? Comment se sont-ils construits sur ce petit bout de terre de l’océan indien? Le fils d’engagé a t-il pu se reconstruire une identité, gravir l’échelle sociale et accéder à sa liberté?

 
  LES OUBLIÉS DE TERRE SAINTE  
 

La rencontre avec Guerrier et ses amis de misère, c’est faite à la “boutique Solidarité” de la ville de Saint-Pierre. Unique lieu d’accueil de jour pour les personnes en situation difficile. On peut y prendre un café le matin et deux repas chaud par semaine. La rencontre n’a pas été immediate. Durant deux semaines, je suis venu tous les matins à la boutique, sans savoir exactement ce que j’y cherchais, à part vouloir rencontrer et écouter les gens, parler simplement avec eux. Je n’avais pas encore de réel projet en tête, même si cette question de la précarité sur l’île m’interrogeait fortement. Après deux semaines passées à m’imprégner des gens et du lieu, Guerrier, un matin est venu me voir, et m’a simplement dit : “Je t’amène si tu veux, je vais te montrer la misère.” Au début de nos errances, Guerrier mentait sur sa vie, sur son parcours et me donnait à voir le reflet d’une vie sublime, comme la société aurait voulue qu’elle fût : des enfants, un métier, une voiture… Et puis, Guerrier est apparu comme il est, sans mentir, Guerrier m’a ouvert son histoire à vif et sans compromis… Il a été mon guide comme il aimait répétaier aux autres, il est le fil rouge de ce reportage. Je l’ai suivi pendant un mois et demi, nuit et jour, dans ses déambulations, ses errances, ses malheurs et ses joies, aussi. Il m’a fait rencontrer Madame Julie, à la la rue depuis plus de 20 ans et qui se prostitute pour survivre. Estrella et Ludovic, 20 et 23 ans, qui se sont rencontrés il y a un an dans un accueil d’urgence et qui aujourd’hui se cachent pour aller dormir sur la passerelle d’un supermarché la nuit et le jour s’installent dans kiosque de St-Pierre face à l’océan. Dominique, 43 ans, d’origine nantaise qui a connu la réunion avec l’armée et qui depuis 15 ans fait des allers-retours avec la métropole, entre divorces et squat. Il vit depuis 1 mois dans une tente sur une plage. David, jeune de 28 ans, chassé par sa famille depuis 3 mois, originaire de Terre Sainte. Daniel, qui après être parti plus de 15 ans en métropole du côté de Valence pour travailler, a souhaité revenir vivre au pays il y a 8 ans, sans que le retour ne se passez comme il le pensait. Ou encore Jean-Luc, Tintin et les autres. J’ai rencontré la vie de Guerrier comme on rencontre l’inconnu. Cette série est le fruit de cette rencontre, comme une porte d’entrée vers ce que personne ne veut voir, personne ne veut comprendre et dénoncer et qui pourtant grandit à mesure que les inégalités explosent